Avec ses 1126 kilomètres de longueur, le Sepik est le plus long fleuve de Papouasie Nouvelle-Guinée. Il traverse des forêts tropicales, des marécages ainsi que des lacs formés par les méandres du fleuve. Le long des rives, les habitants vivent encore au rythme de l’eau, dans une région connue pour ses traditions, ses maisons traditionnels et ses cérémonies d’initiation. C’est ici que l’on peut rencontrer les fameux hommes crocodiles, l’une des tribus les plus emblématiques de Papouasie Nouvelle-Guinée. Dans cet article, je t’explique comment te rendre dans le Sepik et je te donne tous mes conseils pour t’aider à organiser ton séjour dans l’un des endroits les plus fascinants du pays.
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Sommaire
- 1 Pourquoi visiter le fleuve Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
- 2 Quelle est la meilleure période pour partir ?
- 3 Combien de temps rester dans le Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
- 4 Comment se rendre dans les villages traditionnels du Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
- 5 Le Sepik est-il touristique ?
- 6 Combien coûte un voyage dans le Sepik ?
- 7 Où dormir à Wewak et dans le Sepik ?
- 8 Quel est le niveau de confort dans le Sepik ?
- 9 Conclusion
Pourquoi visiter le fleuve Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
Qui sont les hommes crocodiles ?


Nous sommes allés dans la région du fleuve Sepik pour rencontrer les hommes crocodiles. Les hommes de cette tribu ont des cicatrices en relief qui représentent les écailles des crocodiles. Pour cette tribu, le crocodile représente un ancêtre, un esprit protecteur, une puissance liée à la rivière ou encore un symbole du passage de l’enfance à l’âge adulte. Il possède une dimension spirituelle très importante.
Comment se passe le rituel d’initiation ?



Le rituel d’initiation sert à plusieurs choses. Il permet de marquer le passage de l’enfance à l’âge adulte mais aussi d’affirmer son appartenance à son groupe et à sa lignée. Le rituel symbolise une mort puis une renaissance : le garçon quitte son ancienne identité pour devenir un homme. Il sert également à transmettre les connaissances des anciens auprès des jeunes générations. Enfin, les scarifications sont la marque de cette initiation.
Les scarifications



Nous sommes allés dans un village où les garçons venaient d’être incisés deux semaines plus tôt. Les motifs varient selon les clans et les villages. Traditionnellement, les hommes initiés et les anciens du clan sont responsables de la scarification. Pendant l’initiation, les jeunes sont symboliquement « avalés » par le crocodile puis renaissent comme des hommes-crocodiles. Les cicatrices sont interprétées comme les marques laissées par ses dents. Certains motifs (les étoiles sur les photos) désignent aussi le sexe de l’esprit associé au crocodile. L’esprit féminin (une étoile) désigne la reproduction, la protection et la création. Chez les Iatmul, les hommes utilisent justement le pouvoir reproducteur féminin pour donner naissance aux nouveaux hommes. L’esprit masculin (deux étoiles) désigne quant à lui la transformation, l’initiation et la transmission… D’après notre guide, les parents sont ceux qui choisissent le sexe qu’ils souhaitent associer à leur enfant.
Auparavant, la scarification des hommes-crocodiles était réalisée à l’aide de bambou. Aujourd’hui, ils utilisent des lames de rasoir, ce qui permettrait des incisions plus fines et uniformes. Pendant l’initiation, les jeunes ne doivent laisser paraître aucune douleur. Montrer sa douleur ou pleurer est considéré comme un échec de l’épreuve pour transformer le jeune garçon en homme adulte. À notre passage, ils avaient l’air dans un état de transe…
L’isolement dans la maison des esprits
Après les scarifications, les hommes initiés restent isolés pendant plusieurs semaines (jusqu’à trois mois) dans la « maison des esprits » du village. Ils n’ont pas le droit d’avoir de contact avec l’extérieur et encore moins avec les femmes qui ne sont pas autorisées à pénétrer dans la maison des esprits. Leur corps est alors recouvert d’un mélange composé d’argile pour empêcher une cicatrisation trop rapide et ainsi obtenir les cicatrices en relief. Parfois, les croûtes sont scarifiées à nouveau pour permettre la cicatrisation en relief. Ici, le risque d’infection est élevé. Les blessures ne reçoivent aucun traitement médical. À la place, le chef du village utilise ses connaissances en médecine végétale pour empêcher les infections.
Ce rituel est aujourd’hui payant. D’après notre guide, il coûterait aux jeunes initiés environ 2000 PGK (soit 385€). Du coup, il n’y a pas vraiment d’âge requis pour le faire (la fourchette se situe entre 18 et 30 ans). Il faut surtout que les familles réunissent suffisamment d’argent pour le financer. Il n’est pas non plus obligatoire, même s’il est toujours grandement pratiqué dans les communautés Chambri et Iatmul. En effet, beaucoup de jeunes quittent les villages pour travailler en ville donc tous les hommes du Sepik ne portent pas forcément de traces de l’initiation.
| 💡 En tant que touriste, il est extrêmement difficile d’assister à une cérémonie d’initiation. |
À quoi servent les maisons des esprits (Haus Tambaran) ?



Pour pouvoir rentrer dans une maison des esprits, les hommes doivent se scarifier la peau et passer leur rituel d’initiation. Les jeunes d’aujourd’hui pratiquent encore pour certains ce rituel malgré l’arrivée de la modernité dans la région. La présence des femmes est totalement interdite.



Hors période d’initiation, les hommes se réunissent dans les maisons des esprits afin de discuter des affaires du villages ou simplement pour passer du temps ensemble. Ils transmettent leur connaissances aux plus jeunes, préparent des cérémonies, fabriquent des objets artisanaux et peuvent même consulter les esprits.
Assister à des Sing Sing


Les Sing Sing sont des rassemblements culturels où les tribus présentent leur culture à travers chants, danses et costumes. Il faut savoir que dans la plupart des endroits en PNG, les locaux ne portent plus leurs tenues traditionnelles au quotidien. Elles sont uniquement utilisées pour certaines cérémonies et principalement pour les touristes.
Les locaux fabriquent toutes leurs tenues eux-mêmes en s’inspirant du savoir-faire des anciens. Il y a environ 50 à 100 ans, il était encore possible de voir beaucoup plus fréquemment des personnes en tenue traditionnelle dans leur vie quotidienne. Depuis les années 1970-80, les vêtements occidentaux sont devenus largement dominants au quotidien, même dans les villages. Les tenues traditionnelles restent surtout associées aux cérémonies, initiations, danses, sing sings et événements culturels.
Malgré tout, les sing sings sont impressionnants à regarder ! Entre la beauté des chants, l’originalité des costumes et des danses, on en a pris plein les yeux à chaque représentation.
Quelle est la meilleure période pour partir ?
La saison sèche s’étend de mai à septembre dans la région du Sepik. Le reste de l’année, les inondations rendent l’accès compliqué. La plupart des maisons sont toutes surélevés car pendant la saison des pluies, les villageois sortent de leur maison directement avec leur pirogue – un grand tronc d’arbre évidé équipé d’un moteur. Ces derniers ne sont d’ailleurs utilisés que lorsqu’il y a des touristes.
De plus, un festival du crocodile est organisé chaque année pendant le premier week-end d’août. Il se déroule à Ambuti et réunit des groupes de danses traditionnelles venus de tout le Sepik.
Combien de temps rester dans le Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée ?



Je vous recommande de passer au moins trois jours dans le Sepik pour avoir un bel aperçu de la région.
Itinéraire de quatre jours dans le Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée
Jour 1 :
Après avoir laissé nos backpacks à l’hôtel de Wewak, nous partons pour 4h de bus et 2h30 de pirogue. Nous devions nous rendre à Wagu Guest House pour notre première étape : le lac Wagu. En effet, ce lac est la porte d’entrée de la zone de conservation de la faune du WWF (World Wide Fund for Nature). C’est ici que l’on peut notamment observer des oiseaux du paradis (paradisier petit-émeraude) et des casoars. Malheureusement, nous n’avons pas pu y aller car le niveau du fleuve était trop bas. À la place, nous sommes allés directement à Kanganamun Guest House.
Jour 2 :



Après avoir observé les oiseaux du paradis tôt le matin, nous devions partir pour le lac Chambri et passer le reste de la journée à visiter des maisons cérémonielles traditionnelles. Nous devions passer la nuit à Chambri Guest House. Pour les mêmes raisons, nous n’avons pas pu nous y rendre.
À la place, nous avons visité les villages de Palembe et Kanganamun avec différentes maisons des esprits. C’est d’ailleurs ici que nous avons pu rentrer dans l’une d’entre elles où les jeunes initiés avaient été scarifiés deux semaines plus tôt. Il nous a fallu débourser 100 PGK par personne pour pouvoir assister à cela. Nous avons aussi assisté à deux sing sings : la danse du casoar et la danse des quatre esprits. Le casoar est un animal totem dans le village. Quant aux quatre esprits, ils protègent le village, ses habitants et rappellent le lien entre les hommes, les ancêtres et la forêt.
Palembe est aussi l’endroit idéal pour acheter des objets d’art car les villageois sont réputés pour leurs compétences artisanales en peinture et en sculpture sur bois. Le soir, nous sommes retournés à Kanganamun Guest House.
Jour 3 :


Nous avons commencé la journée par visiter Aibom, un grand village qui produit des poteries. Puis, nous avons passé le reste de la journée dans le joli village de Kanaminbit où nous avons passé la nuit.
Jour 4 :



Trajet retour jusqu’à Wewak. En chemin entre Pagwi et Wewak, nous avons fait un arrêt au village d’Apangai dans le district de Maprik afin d’assister à un sing sing de la tribu Abelam. La maison des esprits d’Apangai est l’une des plus belles que nous ayons vu.
À l’intérieur de la maison des esprits, on peut voir une énorme statue assise. Il s’agit de Puti, l’un des grands esprits ancestraux associés à l’origine et à la prospérité du peuple. Il est particulièrement lié à la culture des ignames qui occupent une place importante dans la société Abelam. Ce tubercule représente la réussite, le prestige et la capacité d’un homme à faire prospérer son groupe.
Comment se rendre dans les villages traditionnels du Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
Pour se rendre au Sepik, il faut d’abord prendre un avion de Port Moresby jusqu’à Wewak. L’aller-retour m’a coûté environ 400€ en période de festival (septembre 2026). Ensuite, il faut monter dans un minibus local appelé PMV (Public Motor Vehicle) pour se rendre à Pagwi. Le trajet dure entre 4h à 5h selon la conduite du chauffeur. Les véhicules partent quand ils sont pleins donc il faut y aller relativement tôt. Puis, nous avons fait environ 2h30 de pirogue avant d’arriver à notre guesthouse.
Il n’est pas possible de se rendre dans les villages du Sepik de manière indépendante. Avoir un guide est obligatoire pour accéder aux tribus des hommes crocodiles. Je vous laisse plus bas le contact d’un guide que nous avons eu dans le village de Kaminimbit. De plus, vous ne trouverez rien à Pagwi, qui est le port d’embarquement pour le fleuve Sepik. Je pense honnêtement que cela n’a aucun intérêt d’y aller en espérant trouver un guide local à la dernière minute. En revanche, vous pouvez aller à Pagwi par vos propres moyens si vous avez un guide prêt à vous attendre sur place.
| 💡 Contact de Ronnie (guide dans le village de Kaminimbit) : +675 73463253 |
Le Sepik est-il touristique ?
Nous avons voyagé dans le Sepik avec une agence de voyage. Nous étions cinq personnes dans le groupe. Le Sepik est une région touristique (surtout pendant la saison sèche) donc nous avons vu d’autres touristes dans les villages ou les guesthouses. Ce n’est pas du tourisme de masse (dix à vingt personnes selon les endroits) mais ne vous attendez pas à être tout seul. De plus, nous avons rencontré des personnes qui voyageaient en groupe et d’autres qui avaient organisé leur voyage sur mesure avec un guide local. Tous se retrouvent aux mêmes endroits pour visiter les mêmes villages et les mêmes maisons des esprits. Intégrer un groupe de voyageurs permet de partager les coûts d’essence, des sing sings…
Il faut également savoir que les traditions se perdent petit à petit de manière générale en Papouasie Nouvelle-Guinée. Les jeunes générations se détachent de plus en plus de leurs traditions. Les maisons des esprits tendent aussi à disparaître car leur restauration est très coûteuse.
Comme partout, on assiste à une dualité entre tradition et modernité. Dans les villages se côtoient des églises et des maisons traditionnelles. Une partie de ce changement s’explique d’ailleurs par la présence du christianisme. La plupart des écoles en Papouasie Nouvelle-Guinée sont détenues par l’Église. Donc l’éducation est intrinsèquement liée à la religion.
Puisque les traditions se perdent, le tourisme est une manière de continuer à perpétuer le savoir-faire des anciens.
Combien coûte un voyage dans le Sepik ?
Sans agence de voyage, il faut compter au minimum 100$ par jour et par personne pour voyager dans le Sepik en incluant l’essence, la « location » de la pirogue, le conducteur, le guide, le logement, la nourriture et le droit de visite des villages. Ceci est une estimation et dépend des endroits visités, de la distance parcourue, des sing sings organisés, du nombre de personnes dans le groupe…
Où dormir à Wewak et dans le Sepik ?
À Wewak, nous avons logé à In Wewak Boutique Hotel. Les prix commencent à partir de 85€ la nuit. L’hôtel est vraiment qualitatif, je ne peux que vous le recommander.
Une fois dans le Sepik, il n’y a aucun hôtel. Il faudra dormir dans les guesthouses où le confort laisse à désirer. Nos logements étaient le Kanganamun Guest House et le village de Kanaminbit.
Quel est le niveau de confort dans le Sepik ?



Pendant votre séjour, il faut s’attendre à dormir sur un matelas fin posé à même le sol, recouvert d’une moustiquaire. Les lits sont très souvent infestés de punaises de lit. Les toilettes sont des toilettes sèches et la douche se fait à la bassine avec l’eau du fleuve ou parfois l’eau de pluie. Les locaux, quant à eux, se baignent directement dans le fleuve. Vous pouvez également le faire, si vous n’avez pas peur des crocodiles… De plus, sachez qu’il n’y a pas du tout de réseau dans cette région de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Pendant notre séjour dans le Sepik, nous avions un guide et une cuisinière attitrée. Les repas étaient vraiment variés et délicieux.
Le paludisme est également très présent dans cette région de Papouasie Nouvelle-Guinée. Je vous recommande donc de prendre rendez-vous dans un centre international de vaccination ou chez votre médecin avant de partir.
Conclusion
Voyager sur le fleuve Sepik, c’est découvrir une autre facette de la Papouasie Nouvelle-Guinée entre nature luxuriante, villages traditionnels et traditions ancestrales. Au-delà des paysages, le Sepik est avant tout une invitation à la rencontre et à la découverte de modes de vie différents des nôtres.
Pour vous aider à organiser au mieux votre itinéraire en Papouasie Nouvelle-Guinée, vous pouvez consulter le site officiel de l’office du tourisme pour trouver des contacts d’agences, de guides ou d’hébergements.
J’espère que cet article t’aura aidé à préparer ton voyage dans la région du Sepik en Papouasie Nouvelle-Guinée. Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser dans la section commentaire ou à m’écrire sur Instagram. À bientôt sur le site !
Voyage réalisé en septembre 2026

