Perchée à près de 1600 mètres d’altitude au cœur des Eastern Highlands, Goroka est l’une des villes les plus emblématiques de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Entourée de montagnes verdoyantes et de villages traditionnels, elle offre une immersion unique dans les cultures et les traditions des Highlands. Dans cet article, je vous partage les incontournables à ne pas manquer et tout ce qu’il faut savoir pour profiter pleinement de votre séjour à Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée.
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Sommaire
Assister au Goroka Show, le festival le plus célèbre du pays



Le festival de Goroka est l’un des évènements culturels les plus impressionnants du pays. Il réunit plus de 100 tribus et groupes culturels différents venus des Highlands et d’autres régions du pays pour célébrer leurs traditions à travers les célèbres Sing Sing. Pendant trois jours, les participants performent leurs danses, chants et cérémonies traditionnelles. Les costumes, coiffes, peintures corporelles et ornements offrent un spectacle particulièrement impressionnant et permettent de découvrir la diversité culturelle de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Informations pratiques pour se rendre au festival de Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée



Le festival a lieu chaque année en septembre, généralement autour de la semaine de l’indépendance du pays, mais les dates exactes changent d’une année sur l’autre. En 2026, le Goroka Show s’est déroulé du 18 au 20 septembre et célébrait sa 70ème édition. Pour obtenir son billet, il faut se rapprocher d’un tour opérateur local, de votre hôtel ou faire la demande auprès des organisateurs du Goroka Show (gorokashow2024@gmail.com). Puisque nous avons obtenu notre billet grâce à l’agence de voyage avec laquelle nous avons fait une collaboration, je ne connais pas son prix exact.
Concernant le billet d’entrée, il faut prendre le VIP Pass, c’est celui qui offre la possibilité d’aller sur la pelouse du stade, au plus près des tribus. En effet, le show se déroule au National Sports Institute de Goroka. Le stade est très grand donc même s’il y a des touristes, on peut déambuler facilement pour regarder les tribus danser et chanter. Par contre, prendre des photos n’est pas si évident que ça entre les touristes derrière, les panneaux de Coca-Cola partout (c’était le sponsor du festival) et les grillages en arrière-plan.
Les côtés un peu négatifs du festival…



Au début de la journée, les tribus arrivent une par une. Les touristes sont donc tous concentrés au même endroit. Petit à petit, le stade se remplit de différents groupes ethniques. Je ne savais littéralement plus où donner de la tête. Jusqu’à midi, les locaux ne sont pas autorisés à rentrer sur la pelouse. Ils assistent au show depuis les tribunes – accessibles aussi pour les touristes. Au début, on trouvait ça dommage que les locaux ne puissent pas en profiter au même titre que les touristes.
Ensuite, on a compris pourquoi. Vers midi, le stade était plein à craquer, à tel point qu’on ne pouvait presque plus circuler. Ces créneaux horaires permettent aux touristes et aux locaux avec le VIP Pass de mieux profiter du spectacle. Malgré tout, le tourisme reste un moyen pour les tribus locales de continuer à préserver leurs traditions qui se perdent avec l’arrivée de la modernité… De plus, les tribus reçoivent une compensation financière lorsqu’elles participent au festival. Il s’agit d’un montant fixe et d’un remboursement des frais de déplacement selon la distance parcourue.
Si vous le pouvez, apportez de l’eau avec vous pour en distribuer aux tribus. Ils dansent et chantent en plein soleil toute la journée et beaucoup d’entre eux nous ont demandé à boire. Coca-Cola, le sponsor de l’évènement, n’est même pas capable de leur fournir un accès à l’eau illimité… Pour terminer, le stade commence à se vider chaque jour entre 14h et 15h.
Comprendre les costumes des tribus



À l’origine, les coiffes, plumes et peintures avaient pour but de déterminer de quel clan ou quel groupe ethnique une personne était originaire. En effet, avec plus de 10 000 clans différents, la Papouasie Nouvelle-Guinée est l’un des pays les plus diversifiés culturellement parlant. Cela permettait aussi de montrer son prestige, sa richesse et son statut social. Par exemple, les plumes de casoar, d’oiseaux du paradis, les coquillages ou les dents de certains animaux étaient des biens précieux. Dans certaines traditions de PNG, porter des éléments naturels permet aussi une métamorphose symbolique : une incarnation du monde vivant et des relations avec les ancêtres.
Le festival du Mount Hagen a été créé dans les années 1950 dans un contexte de réconciliation entre groupes auparavant ennemis. Les combinaisons de peinture, coiffures et parures servent notamment à signaler d’où l’on vient. Quant à lui, le festival de Goroka avait initialement une dimension de compétition entre districts. Il a rapidement évolué en un rassemblement permettant à de nombreux groupes de se rencontrer et de présenter leurs danses, chants et parures traditionnelles. Dans un contexte où les groupes des Highlands étaient encore isolés et où les rivalités entre clans pouvaient être fortes, ces rassemblements ont également contribué à favoriser les rencontres et l’apaisement entre les communautés.


Aujourd’hui, les locaux ne portent plus leurs tenues traditionnelles au quotidien. Elles sont uniquement utilisées pour certaines cérémonies ou évènements importants et principalement pour les touristes. Les Sing Sing (rassemblements culturels où les tribus présentent leur culture à travers chants, danses et costumes) sont le moyen de faire perdurer ces traditions.
Rencontrer les tribus locales
Les Huli Wigmen



Nous avons assisté à un Sing Sing après avoir admiré leur façon se de maquiller.
L’histoire des Huli Wigmen
Les Huli Wigen vivent principalement dans la région de Tari, dans la province de Hala, et sont célèbres pour leurs impressionnantes coiffes en cheveux humains, les manda. Traditionnellement, les jeunes garçons Huli entraient dans un système appelé Haroli. Il s’agit d’une période de retrait du monde familial qui pouvait durer plusieurs années. Les hommes vivaient entre eux, sous la direction d’hommes plus âgés chargés de leur transmettre les connaissances et les règles nécessaires à leur vie d’adulte.
Pendant cette période, les hommes devaient rester éloignés des femmes et apprendre les techniques liées à la fabrication des wig, leur coiffe traditionnelle. Ils laissaient donc pousser leurs cheveux pendant des mois avant de les couper et d’élaborer leur coiffe. Les hommes Huli considéraient le contact avec les femmes comme affaiblissant pendant leur période de développement. C’est pourquoi, la période d’initiation permettait aux hommes de se débarrasser de l’influence de leur enfance en coupant le contact avec leur mère. Aujourd’hui, la scolarisation moderne, le christianisme et les changements sociaux ont fortement réduit la pratique traditionnelle.
Néanmoins, les Huli Wigmen continuent de porter leurs habits traditionnels pendant les évènements importants ou les périodes de festivals. Leur coiffe est principalement décorée de plumes d’oiseaux du paradis. Cette pratique pourrait remonter à 10 000 ans, voire à plusieurs dizaines de milliers d’années. Aujourd’hui encore, posséder ces plumes est considéré comme un signe de statut social et de richesse. Malheureusement, certaines espèces d’oiseaux de paradis ont presque été exterminées entre les années 1880 et 1900. Depuis les années 1920, les oiseaux de paradis ont été protégés contre l’exportation mais la chasse est encore actuelle en Papouasie Nouvelle-Guinée.
Les Asaro Mudmen



Nous avons assisté à un Sing Sing puis nous avons partagé le mumu, l’un des plats emblématiques de la Papouasie Nouvelle-Guinée. La nourriture est cuite à l’étouffée sous la terre grâce à du bois et des pierres volcaniques brûlantes. Le « four » est ensuite recouvert de feuilles de bananier. Au menu : poulet, patate douce, igname, carotte, chou…
Ensuite, on a découvert la danse Moko, un rituel dédié à la victoire et à la fertilité. À l’origine, cette danse était exécutée lorsque les guerriers revenaient victorieux de conflits tribaux. Le terme Moko Moko fait explicitement référence à l’acte sexuel. L’objectif de cette danse était de séduire les femmes du village afin de reconstituer la population de la tribu.


L’histoire des Asaro Mudmen



Les hommes de cette tribu se distinguent par leur démarche lente et silencieuse, leurs doigts rallongés par des bambous effilés, et leurs corps enduits d’argile blanche. Selon la légende, il y a très longtemps, des hommes qui rentraient de leur expédition de chasse découvrirent leur village razzié et leurs femmes enlevés par le clan ennemi. Ils décidèrent de tenter un raid pour les récupérer.
Alors qu’ils traversèrent la jungle de nuit, ils perdirent leur chemin, s’embourbent dans un marais et perdirent leurs armes. Quand, à l’aube, ils en sortirent enfin, ils étaient devant le village ennemi. Voyant arriver dans la brume ces ombres blanches, les habitants du village furent pris de panique. Le blanc, étant la couleur de la mort en Papouasie Nouvelle-Guinée, tous pensèrent se retrouver en présence d’esprits ! Après quoi, les Asaro réussirent à récupérer leurs femmes.
Chimbu Village Tour



Nous avons visité le village d’Agereto pour découvrir la culture Chimbu. C’est l’un des plus beaux endroits que nous ayons vu à Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée. Le propriétaire des lieux organisent des visites pour montrer aux visiteurs les techniques traditionnelles utilisées au quotidien par les habitants. Par exemple, les femmes utilisent des fibres d’agave pour confectionner le bilum, le sac emblématique de Papouasie Nouvelle-Guinée. Puis, elles se servent d’éléments naturels pour teinter les fibres ou encore se maquiller lors des cérémonies ou évènements touristiques. Nous avons assisté à un Sing Sing avant de terminer par la dégustation d’un repas cuit dans des tubes de bambou.
Comment rencontrer ces tribus à Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
Le plus simple est bien évidemment de réserver ces rencontres via son hôtel. Il ne faut pas hésiter à s’y prendre quelques jours à l’avance. En effet, l’organisation n’est pas toujours le point fort des papous. Intégrer des groupes déjà formés réduit aussi fortement le prix de l’excursion. Par exemple, notre hôtel, Emmanuel Lodge, proposait des tours pour rencontrer les Mudmen pour 100 PGK (20€) par personne.
Visiter le musée de Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée
Nous avons eu la chance de visiter le musée J.K McCarthy à Goroka avec notre guide. Il rassemble des objets culturels, archéologiques et historiques de Papouasie Nouvelle-Guinée. Il est particulièrement intéressant pour comprendre les cultures traditionnelles des Highlands dans les hautes terres du pays. On y trouve notamment des armes, boucliers, poteries, vêtements et objets de cérémonie. Par exemple, est exposé un extracteur en bois consacré aux techniques de fabrication du sel. De plus, des photos documentent les premiers contacts avec les Européens à partir des années 1930. Le musée dispose aussi d’objets liés à la Seconde Guerre mondiale.
Les pièces les plus impressionnantes sont les colliers fabriqués avec des fragments de doigts humains. Ces colliers sont associées aux communautés Anga. Ils étaient portés en période de deuil : les phalanges étaient prélevées sur des proches décédés puis portées en collier par des membres de la famille. Certaines personnes allaient même jusqu’à couper leur propre doigt pour montrer leur souffrance.
Le musée est assez petit. Je pense qu’il est particulièrement intéressant en présence d’un guide et d’explications sur l’histoire du pays. L’entrée coûte 5 PGK et les photos sont interdites à l’intérieur.
Grimper en haut du Mount Gurupoka



Le Mount Gurupoka se trouve dans la région d’Asaro, près de Goroka, dans la Province des Eastern Highlands. Il est notamment associé aux Asaro Mudmen, connus pour leurs masques en argile grise et leur apparence fantomatique. En effet, ces derniers performent régulièrement en haut de cette montagne.
En haut de la montagne se trouve une grotte qui aurait été utilisée pour cacher les femmes et les enfants pendant les périodes de conflits tribaux.
La vue sur les environs est très belle et l’ascension est relativement facile, accessible en 30 à 40 minutes. Nous étions accompagnés d’un guide local, propriétaire des terres où se trouve la montagne.
Informations pratiques pour voyager à Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée
Quelle est la meilleure période pour visiter Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
La meilleure période pour visiter Goroka s’étend de juin à septembre pendant la saison sèche. Cependant, Goroka est située à 1600 mètres d’altitude dans les Eastern Highlands. De ce fait, la température reste « fraîche » toute l’année. Les mois entre novembre et avril sont soumis à beaucoup de précipitations.
Je vous conseille particulièrement de visiter Goroka au mois de septembre pour assister au Goroka Show, l’un des plus grands évènements culturels de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Combien de temps rester à Goroka ?
Pendant la période de festival, je recommande au moins quatre jours pour profiter pleinement de la ville et de l’ambiance qui y règne. Nous avons consacré deux jours plein au festival. Le troisième jour, nous avons assisté à des Sing Sing chez les Mudmen et les Huli Wigmen. Nous sommes allés au marché puis au musée de Goroka. Le dernier jour était dédié à l’ascension du Mount Gurupoka et à la découverte de la culture Chimbu.
Comment se rendre à Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
Pour se rendre à Goroka, il faut tout simplement prendre un avion au départ de Port Moresby. Il n’existe pas de route reliant la capitale au réseau routier des Highlands. L’aller-retour m’a coûté environ 200€ en période de festival (septembre 2026).



Où dormir à Goroka ?
Nous avons dormi à Emmanuel Lodge pour 53€ la nuit. L’hôtel était sale (des cafards au petit-déjeuner). Également très bruyant (un générateur qui tourne en permanence et des locaux qui jouent au billard tard le soir). Il n’y avait aucun endroit extérieur pour se poser à la fin de la journée. La chambre était sombre, avec une toute petite fenêtre. En revanche, les chambres sont grandes et le prix est très correct pour un hôtel en PNG. Attention, si vous voyagez en période de festivals, les hôtels peuvent être complets un an à l’avance.
Les hôtels les plus connus à Goroka sont Pacific Gardens (80€ la nuit) et Bird of Paradise Hotel (125€ la nuit).
Pour les voyages à petit budget, il existe des Church Guesthouse ou Mission Guesthouse. Ce sont des hébergements gérés par les communautés religieuses locales. L’hébergement est très basique mais moins cher que dans des hôtels (entre 25$ et 50$ la nuit). C’est aussi une façon de dormir au cœur des communautés locales et de rencontrer des papous. La méthode la plus efficace pour les trouver est de se rendre directement dans une église pour poser la question.
Quel budget pour un voyage à Goroka ?
En backpack, le budget quotidien à prévoir se situe entre 50€ et 100€ par jour et par personne, hors billets d’avion.
Conclusion



Goroka est une étape à ne pas manquer pour découvrir une autre facette de la Papouasie Nouvelle-Guinée entre culture, traditions et paysages des Highlands.
Pour vous aider à organiser au mieux votre itinéraire en Papouasie Nouvelle-Guinée, vous pouvez consulter le site officiel de l’office du tourisme pour trouver des contacts d’agences, de guides ou d’hébergements.
J’espère que cet article t’aura aidé à préparer ton voyage à Goroka en Papouasie Nouvelle-Guinée. Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser dans la section commentaire ou à m’écrire sur Instagram. À bientôt sur le site !
Voyage réalisé en septembre 2026

