Portrait de femmes à Varanasi en Inde

Varanasi ou Bénarès, située dans l’état de l’Uttar Pradesh, est l’une des villes les plus sacrées de l’hindouisme. Fondée au VIIème siècle avant J.C, elle fait partie des villes les plus anciennes du monde. C’est à Sarnath, à quelques kilomètres de là, que Bouddha aurait prononcé son premier sermon. Véritable capitale spirituelle de l’Inde, elle attire des pèlerins hindous qui viennent se baigner dans les eaux sacrées du Gange et s’adonner à des rituels funéraires. Des crémations ont lieu depuis des millénaires car c’est ici que les fidèles souhaitent mourir. Ici, on a l’impression d’être plongé dans un autre monde, d’un autre temps, une ville tout droit sortie d’un royaume antique.

Deux jours suffisent pour avoir un aperçu de Varanasi. Pour ma part, je suis restée quatre jours afin de profiter du Masan Holi.

Se rendre à Varanasi depuis Delhi

🚌 On a réservé un bus de nuit sur ConfirmTkt pour 1400₹ (15€). Le trajet a duré 15h mais le bus était très confortable avec des couchettes doubles et des couchettes individuelles. On avait aussi un rideau pour dormir à l’abri des regards et de l’espace sous les lits pour ranger nos sacs, vraiment appréciable. Seul petit bémol, il y avait une souris qui se baladait dans le bus…

À quoi s’attendre en visitant cette ville sacrée ?

Située au bord du Gange, cette ville est connue pour être l’endroit où les indiens incinèrent leurs défunts et jettent les cendres dans le fleuve. On compte plus de 200 crémations par jour, 24h/24h, 7j/7. Selon leurs croyances, le Gange permettrait de libérer l’âme du cycle des réincarnations afin d’atteindre le Nirvana.

Mourir à Varanasi n’est pas obligatoire pour atteindre ce but mais les cendres doivent impérativement être répandues dans le Gange. En revanche, certaines personnes jugées suffisamment pures n’ont pas besoin de suivre ce rituel et sont jetées directement dans le fleuve. Il s’agit des enfants de moins de huit ans, des femmes enceintes, des sâdhus et des personnes ayant été piquées par un cobra.

À titre d’information, les sâdhus sont des hommes sains qui ont renoncés à la société pour se consacrer à l’hindouisme. De ce fait, ils ont quitté leur famille, possèdent très peu de choses et se nourrissent de dons. Ils sont souvent vêtus en orange. À ne pas confondre avec les aghoris qui, eux, font partie d’une sorte de secte basée sur le sivaïsme tantrique. La poudre blanche sur leur corps n’est autre que les cendre issues des crémations. Ils sont souvent nus et sous emprise de différentes drogues.

Les locaux utilisent aussi l’eau du Gange pour se purifier. Ils se baignent, lavent leur linge et prient dans le fleuve, non loin des cendres des défunts. Ils boivent même l’eau car il la considère très pure. Pourtant, le Gange présente un taux de pollution trois mille fois supérieur aux normes de l’OMS.

Que faire à Varanasi ?

Il n’y a pas beaucoup de choses à faire à Varanasi, si ce n’est profiter de l’atmosphère si particulière des abords du Gange. J’ai adoré me promener le long des ghats (les quais). Ce qu’on voit ici est impressionnant, vraiment, il faut le vivre pour le décrire. On s’est baladé sur les quais de Assi Ghat à Manikarnika Ghat pendant près de trois kilomètres. On peut facilement continuer encore pendant trois kilomètres jusqu’au pont de Malviya. Ensuite, vous pouvez prendre un bateau pour revenir à votre point de départ.

Assister aux crémations

Le ghat le plus populaire pour assister à une crémation est le Manikarnika Ghat. Ici, on voit plusieurs corps brûler sur des bûchers individuels et des personnes qui retournent régulièrement les corps pour les aider à se consumer uniformément. D’autres corps attendent leur place sur le crématorium, entourés d’un linceul orange qui est la couleur sacrée en Inde. Une épaisse fumée recouvre les environs et l’odeur est semblable à celle d’un cochon brûlé.

Tout d’abord, le corps est trempé dans les eaux sacrées du fleuve afin d’être purifié. Ensuite, il doit sécher avant de pouvoir brûler. Le corps met trois à cinq heures avant de se consumer totalement. Les familles ajoutent du beurre clarifié pour aider à la combustion et utilisent du bois de santal et des épices pour masquer les odeurs. Puis, les familles jettent les cendres dans le Gange. Dans le fleuve, on aperçoit aussi des gens passer les cendres au tamis afin de récupérer de l’or ou des objets précieux.

Des traditions qui datent de plusieurs milliers d’années…

À Manikarnika Ghat se trouve le feu de Shiva, un feu qui n’a pas été éteint depuis plus de 3500 ans et qui sert à allumer les bûchers pour les crémations. Ici, les photos sont interdites pour ne pas « voler » l’âme du défunt qui s’apprête à partir. On a vu des touristes prendre des vidéos mais s’il vous plaît, respectez leurs coutumes, ils peuvent vraiment mal le prendre ! Les femmes n’ont pas non plus le droit d’approcher car elles sont jugées plus émotives que les hommes et pourraient retenir l’âme de l’être aimé.

On a également vu des crémations au ghat Mahanirvani. Sachez que les crémations ne sont pas présentes tout le long des quais. On n’en a vu qu’à deux endroits. L’ambiance ici n’est pas du tout pesante. Les gens ont l’air extrêmement heureux. Pour eux, finir leur vie dans les eaux sacrées du Gange est une consécration.

Participer à la cérémonie de l’Aarti

Cette cérémonie a lieu à Assi Ghat et à Dashashwamedh Ghat chaque matin et chaque soir au lever du jour et à la tombée de la nuit. Elle commence à 5h30 et 18h30 et dure environ une heure. C’est gratuit, il suffit juste d’y aller un peu avant pour avoir une bonne place. Visiblement, celle de Dashashwamedh est très touristique. On peut même assister à la cérémonie sur l’eau, depuis un bateau. On a donc choisi celle de Assi où il n’y avait que des locaux.

L’Aarti est une cérémonie de lumière et de feu où les indiens rendent hommage au Gange et à leurs dieux. Elle a une profonde importance spirituelle pour les pratiquants de l’hindouisme, permettant d’invoquer la présence divine, de purifier l’esprit et de favoriser un sentiment de dévotion. Il s’agit d’une sorte de chorégraphie bien orchestrée où les fidèles refont les mêmes gestes à l’identique en se servant de divers objets : encens, feu, fleurs ou encore éventail de plumes de paon.

Masan Holi

Le Masan Holi est un fête que l’on trouve uniquement à Varanasi. Le Holi festival, aussi appelé fête des couleurs, a lieu chaque année en Inde. Il marque la fin de l’hiver et célèbre le début du printemps. La date varie d’une année sur l’autre en fonction du cycle lunaire. Cette année, le festival Holi a eu lieu le 14 mars mais à Varanasi, le Masan Holi s’est déroulé quelques jours en avance, le 10 mars. C’est une cérémonie à ne surtout pas manquer où tout le monde jette des pigments colorés sur son voisin ! Les festivités ne se déroulent pas partout en ville. Elles avaient lieu principalement autour des crémations à Harishchandra ghat et à Manikarnika ghat.

Naviguer sur le Gange

C’est un beau moyen d’obtenir un point de vue différent sur la ville, notamment au lever du soleil quand les couleurs sont douces. Il suffit de se rendre sur les ghats pour trouver un bateau. Le juste prix est entre 100 et 200₹.

Conclusion

Pour résumer, je dirais que cette expérience est une étape incontournable pour comprendre la culture et les traditions de l’hindouisme. C’est intéressant de découvrir leurs croyances qui sont à mille lieux de ce que nous connaissons. Cependant, il faut être bien préparé avant de visiter cette ville. On ne voit pas directement les corps des défunts puisqu’ils sont entourés d’un linceul orange et de différentes fleurs. Pourtant, à partir du moment où ils commencent à brûler, on voit clairement un cadavre en train de se consumer. Ça peut être réellement choquant pour certaines personnes alors pensez-y. De plus, on croise aussi des aghoris, complètement nus, recouverts de la cendre des défunts. Quoi qu’il en soit, cette ville millénaire ne laissera personne indifférent. C’est un endroit profondément marquant qui restera à jamais dans nos esprits.

J’espère que cet article t’aura aider à préparer ton voyage à Varanasi. Tu peux aussi consulter mes autres articles sur l’Inde ici. Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser dans la section commentaire ou à m’écrire sur Instagram. À bientôt sur le site !

Voyage réalisé en mars 2025

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