Réelle destination de rêve, l’archipel de Raja Ampat abrite plus de 1500 îles. Aussi appelé « le dernier paradis », cet endroit attire chaque année les amateurs de plongée car sa renommée n’est plus à faire. J’ai découvert trois îles différentes pendant dix jours, voici mes recommandations et mes coups de cœur.
Sommaire
Hébergements
Pour réserver son séjour, le plus simple est de se rendre sur le site de StayRajaAmpat. En plus de trouver de nombreuses informations sur les différentes îles, il y a la liste de tous les hébergements répertoriés. Les prix oscillent souvent aux alentours de 30€/personne, incluant la pension complète.
Le site n’est pas très pratique puisqu’il n’est pas possible de faire plus d’une demande de réservation à la fois. En effet, il ne permet pas d’avoir accès aux disponibilités du homestay. On doit donc envoyer un mail à l’aveugle en priant pour qu’il y ait de la place. Pour faire plusieurs demandes aux mêmes dates, il faudra utiliser des adresses mails différentes. Une fois la demande effectuée, si l’hébergement ne répond pas dans les 48 heures, la requête est annulée et on peut recommencer.
En utilisant cette plateforme, il faudra payer tous les hébergements à l’avance via un lien que vous enverra votre hôtel. Si vous arrivez à trouver les contacts des homestays, il peut être plus arrangeant d’effectuer une réservation sur Whatsapp par exemple. Pour chaque homestay, on trouve aussi les tarifs proposés des différents trajets aux points d’intérêts principaux. Il est donc intéressant de comparer car les prix peuvent énormément varier d’un transfert à l’autre selon le homestay choisi.
De manière générale, les hébergements sont bien souvent des petites maisons en bois sur pilotis. Ils diposent d’un lit, parfois à même le sol, et d’une moustiquaire. Les toilettes peuvent être partagés et la douche se fait à la bassine la plupart du temps. Il peut également y avoir un ventilateur à disposition et l’électricité ne fonctionne que quelques heures le soir entre 18h et 00h (sauf à Arborek où il y en a toute la journée).
Exemple de prix :
- Warahnus Homestay : 3,3 millions pour trois nuits (198€), soit 33€/nuit/personne.
- Rufas Homestay : 1,6 millions pour deux nuits (98€), soit 24€/nuit/personne.
- Kayafyof Homestay : 3,7 millions pour quatre nuits (225€), soit 28€/nuit/personne.
Informations importantes :
- Quand on prend un logement avec un centre de plongée, il n’est pas possible d’aller plonger ailleurs. Les homestays ont des accords entre eux et ne peuvent pas se voler les clients. Le centre d’à côté ne viendra pas vous chercher là où vous êtes si le logement détient son propre centre. Avec la plupart des centres, on ne plonge pas le dimanche.
- Pensez à retirer suffisamment d’argent car il n’y a pas de distributeur sur les îles. Certains hébergements acceptent les paiements par carte bancaire mais pas tous, avec un supplément de 2%. À titre informatif, nous avons dépensé environ 9 millions à deux en liquide pour 10 jours, soit 540€ (avec 3 plongées chacun et deux excursions). Les hébergements avaient été payés à l’avance en ligne.
- À l’arrivée au port de Wasai, il y a une taxe d’entrée à payer de 300k (18€).
- Les prix des tranferts peuvent varier en fonction du nombre de passagers.
- Le réseau internet est assez bon sur les îles sauf à Rufas où il ne fonctionne pas trop.
- Peu de monde parle anglais sur les îles de Raja Ampat.
- Les hébergements étant des cabanes ouvertes, il n’est pas rare d’avoir des puces de lit dans les logements. J’en ai eu et j’ai rencontré d’autres voyageurs qui avaient été piqués.
- Pour vos trajets, vous aurez le choix entre des speedboat (plus rapide) ou des longboat (plus lent). Vous pouvez demander à votre hébergement de vous déposer à la prochaine destination ou à l’homestay de la prochaine île de venir vous chercher. Dans le cas de Rufas, je ne recommande pas forcément de faire appel à eux. Le bateau ressemble à une petite chaloupe qui n’a pas l’air prévu pour voyager en haute mer. On était littéralement trempé tout le long du trajet et même s’ils enroulent nos sacs dans des bâches, on a vraiment eu peur pour notre matériel électronique. Au final, plus de peur que de mal, tout était sec à l’arrivée.
Budget
Ce sont les trajets qui coûtent le plus cher à Raja Ampat, entre 30 et 700€ selon les endroits souhaités. Par exemple, nous voulions nous rendre à Wayag, une île excentrée au nord à trois heures de bateau. Elle est connue pour ses formations rocheuses dans l’eau, semblable au site de Piaynemo. Les trajets varient entre 10 et 13 millions de roupies (soit entre 600 et 800€). Il est donc très intéressant de trouver d’autres voyageurs pour partager les coûts des transports. Pour le reste, les plongées coûtent environ 35€ l’unité, et les logements 30 à 40€/pers en pension complète.
Bon plan : on a rencontré des voyageurs qui avaient trouvé un bon plan pour aller à Wayag. Il n’y a pas d’homestay sur place, seulement des tentes. Pour deux jours et une nuit, on leur a proposé 1,7 millions/pers pour 6 personnes minimum. Rapprochez-vous de Tamaku Homestay pour organiser la sortie si vous le souhaitez, sachant que l’île se situe à 3h de bateau de Kri.
Comment se rendre à Raja Ampat ?
Nous avons pris un vol depuis Sulawesi (Manado-Sorong pour 88€). La limite de poids autorisée est de 15kg. On a donc payé en ligne pour un supplément. Une fois à l’aéroport, la personne au guichet ne voulait rien savoir : la modification n’apparaîssait pas sur le système. On a donc du repayer. Finalement, le prix est le même que ce soit en ligne ou sur place donc on vous conseille de ne pas réserver à l’avance, au risque de payer deux fois.
À l’aéroport, nous avons pris un Gojek (application locale de taxi) pour 38k (2,3€) jusqu’au port Penyeberangan Klademak à Wasai. Les taxis sur place vous proposeront 100k (6€) pour vous y rendre. Le bateau passe chaque jour à 9h et 14h et la traversée dure deux heures. On peut acheter le billet directement sur place pour 125k (7,5€) et il faudra rajouter 12k pour pouvoir imprimer les tickets.
Pour rejoindre notre premier homestay à Kri, un speedboat est venu nous chercher pour 900k (54€), à diviser entre le nombre de voyageurs présents sur le bateau. Le trajet a duré environ une heure.
Kri, la meilleure destination pour organiser ses activités
Lîle de Kri est toute en relief, avec une forêt en son centre et les homestays au bord de l’eau. Le logement le plus populaire sur Kri est Nus Homestay : maison sur pilotis à même le lagon, coucher de soleil depuis le hamac et banc de sable magnifique. Seul bémol, la salle de bain est partagée. Il y a aussi un super centre de plongée juste à côté aux standards français : le Soul Dive Center.


Plonger sur l’île de Kri
Cependant, nous avons choisi de loger à Warahnus, de l’autre côté de l’île. L’endroit est très beau, bien qu’un peu sombre en fin de journée puisque le soleil se couche de l’autre côté. Il y a un ponton avec de très beaux coraux. Ils disposent de leur propre centre de plongée, qui est correct. Le matériel était très sécuritaire, aucun soucis de ce côté là. Par contre, ils ne parlent pas très bien anglais et sont donc un peu fuyants au niveau de la conservation.
On a donc plongé avec Warahnus pour 600k (36€) la plongée. On a fait deux spots différents : Yenbuba Jetty et Cape Kri. La première plongée était sans grand intérêt selon moi dans le sens où on voit très bien les poissons en snorkeling et ça suffit amplement. En revanche, Cape Kri était beaucoup mieux : on a vu plein de requins gris et pointes noirs et des poissons par milliers.
Attention cependant, le courant est assez fort à cet endroit. On s’est accroché à une corde au fond de l’eau pour voir passer les requins. C’était incroyable. La deuxième partie de plongée était plus chaotique. En effet, puisqu’il n’y a pas vraiment eu de communication entre nous et le moniteur, on pensait faire une dérivante en suivant le courant et on a du palmer à contre-courant pour le rejoindre afin de s’accrocher à la corde. Hormis ce petit désagrément, c’était un beau moment !

À Kri, il est possible de faire plein d’excursions, contrairement à Arborek où c’est plus compliqué à organiser. N’hésitez pas à demander à votre homestay les meilleurs spots de snorkeling aux alentours. On nous a recommandé un banc de sable sympa à voir juste à côté, que l’on n’a pas testé, du nom de Pasir Timbul.
Nous sommes restés 3 jours et 3 nuits à Kri mais si c’était à refaire, on aurait passé plus de temps ici puisque c’est l’endroit le plus facile pour organiser les différentes activités. On est ensuite parti à Rufas, ce qui n’est pas le plus logique puisque c’est l’île la plus loin – Arborek étant entre les deux.
Trajet jusqu’à Rufas :
2 millions de roupies (120€) pour 1h30 de traversée
Rufas, l’île la plus sauvage
Perdue au milieu de l’océan, cette île renferme en son centre un lagon. C’est la définition même d’île paradisiaque. Par contre, ce bonheur a un prix. En effet, le homestay est rudimentaire voir même insalubre. L’hygiène des toilettes est déplorable, la literie présente parfois des traces de moisissure et la douche se fait au seau. Malgré tout, l’île est magnifique et la vue est exceptionnelle. Il y a un promontoire d’où l’on peut observer le coucher du soleil et la voie lactée à la nuit tombée. En plus, Jonas, notre guide d’excursion, parlait anglais. Chose assez rare à Raja Ampat.


Piaynemo, l’emblème de Raja Ampat
On a d’abord fait une excursion à Piaynemo, un site géologique extraordinaire avec des roches recouvertes de végétation qui sortent de l’eau. Le site est situé à 20 minutes en bateau de Rufas. On a payé 500k (30€) par bateau, en incluant les taxes d’entrée.
On fait trois spots différents dont deux lagons avec des formes originales : un en forme d’étoile et un autre en forme de raie manta. Le temps sur place est d’environ 3h où l’on prend plaisir à observer ces paysages fantastiques au cinquante nuances de bleu et ces roches imposantes qui se dressent fièrement dans le cadre.




Nager avec des raies mantas à Pam
À Rufas, il y a également différents spots de snorkeling, et notamment faire le tour de l’île à la nage pour voir des tortues et des requins. Nous avons choisi d’aller à Pam Village pour tenter d’apercevoir des mantas. La saison s’étend de octobre/novembre à mars/avril. Nous y étions début octobre et malheureusement, nous n’avons pas eu de chance. C’était encore un peu trop tôt.
On a fait du snorkeling et l’endroit n’avait aucun intérêt sauf pour la jetée du village de Pam où l’on peut apercevoir des poissons scorpions. On a également visité le village où l’on a passé un bon moment à jouer avec les enfants à la sortie de l’école. N’hésitez pas à acheter des gâteaux ou des bonbons, ils seront tout de suite beaucoup moins timides. La sortie nous a coûté 1,5 millions (90€), à diviser en 6. Ça ne valait clairement pas le prix.
Trajet jusqu’à Arborek :
En longboat : 1h20 de trajet, 1,7 millions (100€).
Arborek, au rythme des locaux
À la différence de Kri, cette île est petite et toute plate. Elle est composée d’un village où l’on trouve des petits magasins avec boissons fraîches. Arborek dispose du meilleur réseau des trois îles et l’électricité est présente toute la journée, contrairement aux autres où ce n’est que le soir. En revanche, les hébergements ne proposent pas d’activités et d’excursions et c’est donc assez difficile d’organiser ses journées. Le planning c’était donc de faire du snorkeling et du farniente. On a logé à Kayafyof et c’était très bien. Le ponton permet de plonger et de profiter des fonds marins et le spot est magnifique !


Plonger à Arborek
L’acitivé principale est la plongée. Il n’y a qu’un seul centre sur l’île et nous n’avons pas eu un très bon accueil de la patronne qu’on a trouvé plutôt froide. On voulait plonger à Manta Point pour tenter d’apercevoir des raies mantas et elle nous a répondu « j’en ai marre que tout le monde me demande ça, il n’y a pas que ça à faire sur l’île », d’un ton assez froid.
De plus, on a entendu quelques histoires assez mitigées sur le centre. Une fille nous a raconté qu’elle a terminé la plongée sans air et qu’elle a dû se jeter sur le détendeur de secours de son copain. De plus, si certains consomment plus d’air que les autres, ils doivent remonter seuls et faire leur palier de sécurité. Le moniteur, quant à lui, s’est percé le tympan suite à un accident avec l’un de ses élèves. Pas très rassurant tout ça…
On a quand même tenté l’expérience et ça s’est bien passé même si l’un des plongeurs de notre groupe est remonté à 5 barres, alors qu’il avait son gilet percé. De même, une fois sur le bateau, il faut penser à vérifier que tout le matériel est bien présent car ils ne s’en préoccupent pas beaucoup. La patronne n’aime pas vraiment les Open Water. Elle préfère les gens autonomes qui peuvent se gérer tout seuls.
Bref, je ne recommande pas pour un baptême ou pour des gens qui ne sont pas très à l’aise sous l’eau. On a d’abord plongé à Lalosi, un spot vraiment beau, avec plein de coraux et une grande diversité de poissons. On a vu deux requins tapis barbus (ou wobbegong shark) ainsi que des tortues et une multitude de poissons colorés. Puis à Manta Sandy qu’on recommande en saison pour voir des mantas. Cette année, mi-octobre, il n’y en avait toujours pas. D’autres spots méritent le détour comme Gam ou Melissa’s Garden.
À savoir :
Il est possible de plonger à Manta Point depuis Kri mais les prix sont plus chers.
Prix de la plongée avec le Diver Center : 600k/plongée (36€).
Les autres activités à faire à Arborek :
On a aussi vu des requins épaulettes (ou requin-chabot) à la plage du ponton principal. Il faut partir sur la plage avec une frontale, à la nuit tombée, et ils se trouvent juste au bord, ou parfois dans les rochers.
Il y a également des spectacles de danses traditionnelles sur l’île d’Arborek. Malheureusement, c’est difficle de savoir quand ils sont organisés. Ce sont souvent des grands groupes de touristes qui payent pour ces spectacles où les enfants dansent et chantent parés d’habits traditionnels. Par chance, on a pu assister à des répétitions le soir près du ponton principal.
Enfin, pour avoir de belles interactions avec les enfants, nous sommes allés visiter l’école du village le matin à 7h. C’était un vendredi et les élèves n’avaient pas classe, ils faisaient une sorte de séance de sport dans la cours. Un beau moment de partage quand les institutrices nous ont proposés de danser avec eux.



Excursion à Gam pour observer les oiseaux du paradis
Après s’être démené pour trouver une excursion sur l’île, on a rencontré Bani, qui travaille à Kayafyof. Il parle anglais et il est juste adorable. Bref, il nous a emmené à Gam, à 20 minutes en bateau. C’est l’endroit parfait pour aller à la rencontre des oiseaux du paradis tôt le matin. Le départ se fait à 5h30 du matin et on part dans la forêt dense pour tenter de les observer. On en a vu des dizaines, assez furtivement cependant car ils sont d’une extrême rapidité et se perchent assez haut dans les arbres. Ensuite, on visite le village de Sawinggrai, qui est très charmant. On joue au foot avec les enfants, on prend quelques photos…


Puis, on passe par une école, Child Aid Papua, fondée par un Suisse et une Indonésienne d’origine javanaise. Ils veulent sensibiliser les enfants à l’éco-tourisme en leur inculquant différentes valeurs comme le traitement des déchets, l’apprentissage de l’anglais, la protection de l’océan ou encore l’adoption des bonnes règles d’hygiènes tel que le brossage des dents. Pour sensibiliser les élèves à la faune, ils leur proposent d’effectuer des sessions plongée afin de ne plus avoir peur des requins pour au contraire avoir envie de les protéger. Aussi, pour les inciter à ramasser les déchets, ils mettent en place un système de tampons. Après un certain nombre récolté, les enfants ont le droit de faire une sortie scolaire à Piaynemo.
En bref, ils œuvrent pour une meilleure éducation ainsi qu’une sensibilisation à l’environnement et au climat. Sur place, on peut acheter un t-shirt pour les soutenir ou encore faire un don. Maya, la gérante, est super gentille et elle nous a même appris qu’on pouvait se porter volontaire pour planter des bébés coraux à Raja Ampat en se rapprochant de l’organise SeaPeople.
Prix de la sortie
700k/bateau (42€) + 200k/pers (12€) pour le guide des oiseaux du paradis.
Nous sommes restés 6 jours et 5 nuits à Arborek et on a adoré l’ambiance du village qui grouille de vie. On a eu la chance d’être invité un dimanche à passer quelques heures sur un banc de sable en face du homestay qu’avec des locaux. C’était un moment de partage incroyable !
Trajet retour jusqu’à Wasai :
1,3 M (78€) / 1h30 de traversée
Conclusion
Bref, Raja Ampat fait rêver un bon nombre de voyageurs et il faut dire que les paysages sont incroyables. Les fonds marins sont très poissonneux, ça on ne peut pas le nier. En revanche, on ne voit pas beaucoup de « gros » spécimens sous l’eau comme des requins, des dauphins etc. Il y a tout de même des espèces intéressantes à observer : des requins tapis barbus, des mantas en saison et des hippocampes nains, parmi tant d’autres.
On a aussi trouvé les fonds marins tout aussi beaux à Sulawesi, une île indonésienne voisine. Je crois que j’avais trop idéalisé Raja Ampat. Même si c’était formidable, j’ai été plus surprise à Sulawesi par la vie marine qu’ici. Après avoir plongé avec des baleines en Polynésie et avec des marteaux aux Galapagos, je deviens sûrement trop exigeante.
Voyage réalisé en octobre 2023