Lors de mon voyage au Laos, je tenais à travailler en tant que bénévole dans un sanctuaire d’éléphants. Pas facile cependant de trouver un endroit éthique qui œuvre réellement pour la préservation de ces incroyables pachydermes. J’ai passé une semaine dans un endroit magique, au cœur de la jungle, proche de Paklay dans le nord-ouest du Laos. Je ne peux que vous recommander cet endroit pour la gentillesse des locaux, la proximité avec les éléphants et l’expérience unique qu’offre ce sanctuaire éco-responsable.
Pour plus de bons plans au Laos, tu peux consulter mon article ici.
Sommaire
Le projet de Lao Elephant Home, un sanctuaire d’éléphants au Laos
Au Laos, presque tous les éléphants sont utilisés à des fins touristiques ou agricoles. Ce pays au « million d’éléphants » n’en compte plus que quelques centaines à l’état sauvage. Les autres sont tous domestiqués et appartiennent aux mahouts, qui sont les propriétaires et les dresseurs.
Le but de Lao Elephant Home est d’intégrer les mahouts au projet et ainsi permettre aux éléphants de finir leur vie dans la jungle. Ici, pas de bain, pas de nourrissage ; on observe les animaux dans leur milieu naturel sans les forcer à faire quoi que ce soit. Le sanctuaire d’éléphants accueille donc les touristes pour qu’ils puissent passer un moment privilégié avec les animaux. L’argent généré permet aux mahouts d’avoir un travail moins physique et contraignant et aux éléphants de vivre une vie plus douce dans la jungle.
Les éléphants sont donc tous domestiqués dans la mesure où ils appartiennent à leurs dresseurs et qu’ils travaillaient par le passé, que ce soit avec les touristes ou dans la forêt pour transporter du bois d’une ville à une autre. Cependant, en observant les mahouts, j’ai pu observer une vraie relation entre le dresseur et son éléphant. En effet, on ressent du respect et de l’attachement entre l’homme et l’animal. Les mahouts ne sont jamais violents avec les éléphants. Au contraire, ils font preuve de gestes doux et affectueux envers eux en les caressant régulièrement. Je n’ai aucun doute que les pachydermes soient bien traités dans ce sanctuaire qui met tout en œuvre pour les protéger. Actuellement, le centre compte six dresseurs et dix éléphants dont plusieurs bébés.
💡Contact du sanctuaire : sur WhatsApp + 856 20 98 181 819 N’hésitez pas à les contacter plusieurs jours (voir semaine) à l’avance car il n’y a pas énormément de place (maximum 12-15 personnes). Les touristes sont prioritaires sur les volontaires. |
Comment se rendre à Lao Elephant Home ?
Lao Elephant Home est situé en plein cœur de la jungle, au sein du parc national de Nampouy. Le sanctuaire est accessible depuis Vientiane et Luang Prabang. Il n’y a pas de bus direct au départ de Vang Vieng, il faut prendre un taxi privé qui coûtera certainement très cher.
- Depuis Vientiane, il y a deux bus par jour à 8h et 11h du matin. La station de bus se trouve près du Sikhai Market. Les bus partent lorsqu’ils sont pleins donc les horaires ne sont pas fixes. Il faut venir un peu en avance pour réserver son ticket et être sûr d’avoir une place. Le billet coûte 170 000 KIP (7,5€) pour trois bonnes heures de route.
- Depuis Luang Prabang, un bus part chaque jour de la station sud à 9h30 le matin. Le trajet dure environ 7h et le billet coûte 220 000 KIP (9,7€).
Les bus vous déposeront dans la ville de Paklay qui est la plus proche du sanctuaire. Il faudra ensuite compter 1h30 de trajet pour rejoindre le camp. Pour cela, des transferts sont organisés par Lao Elephant Home : 300 000 KIP/pers si vous êtes seul, 200 000 KIP si deux personnes, 150 000 KIP si trois personnes ou plus…
Être volontaire à Lao Elephant Home
Les commodités du camp



Pour être volontaire dans ce sanctuaire d’éléphants au Laos, il faut s’engager une semaine au minimum (7 jours et 6 nuits). Le coût journalier est de 20$/pers/jour pour l’hébergement et trois repas par jour. (Edit 2025 : le prix est dorénavant passé à 35$/jour. En effet, comme l’écart était trop important entre le prix payé par les touristes et celui déboursé par les volontaires, il n’y avait presque que des volontaires. Or, ce n’était clairement pas suffisant pour assurer le salaire des mahouts et les inciter à rester au sein du projet. Les prix ont donc augmentés.)
Concernant l’hébergement, on dort dans des cabanes en bambou. Ça peut être un dortoir de quatre personnes ou une cabane individuelle. Souvent, les volontaires sont dans les dortoirs et les touristes sont dans les cabanes individuelles, sauf s’il n’y a pas de touristes. Personnellement, on a demandé à être dans une cabane en arrivant. Si elles sont disponibles, c’est un peu le principe du « premier arrivé, premier servi ». La literie est neuve et vraiment propre. Les draps sont lavés et changés entre chaque volontaire. Les lits sont également recouverts d’une moustiquaire.
La nourriture est très bonne, bien qu’un peu redondante au bout d’un moment. On mange du riz, des légumes, des soupes ou plats en sauce avec de la viande ou du poisson, des légumes frits, et parfois des fruits. Option végétarienne possible.



De plus, il n’y a pas d’électricité au camp donc il ne faut pas hésiter à prévoir des batteries externes. Le staff met à disposition un petit panneau solaire pour charger son téléphone mais ils n’acceptent pas les équipements trop énergivores comme les ordinateurs ou les batteries. On ne capte pas non plus internet au camp mais il y a un spot réseau sur la route à environ cinq minutes à pied. Enfin, on se lave à l’eau froide, à l’aide d’un seau. Les serviettes de bain sont fournies et les toilettes sont très propres.
Déroulé d’une journée en tant que volontaire


Le petit-déjeuner est servi à 8h où tout le monde se réunit : volontaires et touristes. Nous étions une douzaine de personnes, principalement que des volontaires. Puis, on travaille quelques heures pour améliorer la vie du camp. Au programme : construire une nouvelle cabane, réparer la porte des toilettes, ramasser les feuilles mortes, construire une cage de football, aider à faire la vaisselle ou refaire les lits… Bref, ce n’est pas très dur et tout le monde met ses talents à profit. Moi, j’ai par exemple créé du contenu pour leurs réseaux sociaux. On prend ensuite le déjeuner vers 12h puis nous disposons tous d’un temps libre jusqu’à 14h30 où l’on effectue une petite marche dans la jungle pour chercher les éléphants. On passe une heure avec eux avant de rentrer au camp. Temps libre, dîner vers 19h puis soirée feu de camp et jeux de sociétés avec tous les autres voyageurs.
Concernant la balade dans la jungle avec les éléphants, la proximité est incroyable. On peut les toucher tellement ils s’approchent près. C’est vraiment une expérience hors du commun. On observe les éléphants tous les jours mais sachez qu’un jour par semaine est donné aux mahouts comme jour de repos. C’est souvent le dimanche ou le lundi.
Être touriste dans ce sanctuaire d’éléphants au Laos



Si vous ne voulez pas vous engager sept jours, il est possible de venir en tant que « touriste ». Cela coûte 185$ pour 3j/2n pour une personne seule en bungalow, 165$/pers pour deux personnes en bungalow et 145$/pers pour un lit en dortoir.
Clairement, je ne recommande pas vraiment cette option car c’est assez cher contrairement au prix du volontariat. Le seul avantage, c’est de rester que quelques jours si vous êtes préssés. De plus, les volontaires font exactement les mêmes activités que les touristes puisque volontaires et touristes sont ensembles chaque jour dans le camp. En revanche, c’est grâce à la venue des touristes que les volontaires font certaines activités comme visiter une distillerie de whisky, rendre visite aux enfants dans une école primaire ou encore participer à une cérémonie baci. D’autres activités sont aussi mises en place comme participer à un cours de cuisine ou apprendre l’art du tissage laotien. C’est aussi les touristes qui permettent au centre de continuer d’exister en rémunérant les mahouts.
Les activités annexes
Quand il y a des touristes, le sanctuaire met en place différentes activités annexes. Par exemple, nous sommes allés voir des enfants dans une école primaire. En offrant chacun un petit don, on a pu leur acheter des choses utiles comme des cahiers, des crayons, des ballons de foot et quelques sucreries. C’était un beau moment partagé entre tous les voyageurs et les enfants du village.





On a aussi participé à une cérémonie baci. C’est en fait un rituel qui a lieu lors d’un évènement important dans la vie d’un laotien : mariage, décès d’un éléphant ou d’un membre de la famille, naissance, anniversaire etc. Ici, c’était un peu pour remercier les touristes de venir dans la jungle et d’aider à faire vivre le projet. Je ne vous en dis pas plus mais honnêtement, c’était un moment très fort du séjour. On a complètement été transcendé par autant de gentillesse et de bienveillance. Vraiment, on se rappellera longtemps des locaux avec qui on a partagé ce moment.
À mettre dans son sac pour le sanctuaire d’éléphants au Laos
Voici un petit récap des choses à ne pas oublier :
- Chapeau, lunette de soleil et crème solaire
- Vêtements amples pour les moustiques et répulsif
- Chaussettes hautes et chaussures fermées (il y a des sangsues dans la jungle)
- Lampe frontale
- Sandales et maillot de bain pour se baigner dans la rivière
- Une gourde (il y a une fontaine d’eau pour remplir sa bouteille au camp)
- Du liquide pour payer le volontariat (le distributeur se trouve à Paklay, à 1h30 du sanctuaire). Prévoir aussi du cash pour les potentielles activités annexes
- Une ou plusieurs batteries externes
- Des snacks et sucreries si vous aimez finir votre repas par une touche sucrée


Bref, cette expérience fait clairement partie de mes plus beaux moments de voyage. L’équipe est vraiment adorable et aux petits soins, les mahouts sont d’une extrême gentillesse et bienveillance et la proximité avec les éléphants fait de ce sanctuaire un incontournable au Laos !
Concernant le paiement, il faut payer pour le jour d’arrivée et le jour de départ sachant que bien souvent, on arrive en fin de journée et on repart tôt le matin. Du coup, vérifiez bien les dates avec eux. Pour une semaine, il compte sept nuits donc arrivée lundi et départ dimanche.
Voyage réalisé en décembre 2024