Pendant mon voyage au Japon, j’ai décidé de passer quatre jours dans les Alpes japonaises afin d’avoir un aperçu du pays en dehors de l’agitation des grandes villes. Ce sont des paysages magnifiques avec au programme : de belles chaînes de montagne, des villages traditionnels et de jolies randonnées. Quand on vient de France, les paysages ne sont pas très dépaysants mais ça permet de voir une autre facette du Japon qui reste intéressante. Cependant, si vous êtes en voyage long court, je ne vous le conseille pas forcément au niveau du budget. En effet, on a dépensé environ 100€/personne/jour dans cette région en incluant les transports, les hébergements, la nourriture et les quelques visites payantes.

Comment se déplacer dans les Alpes japonaises ?

À partir de deux personnes ou plus, il est beaucoup plus avantageux financièrement de louer une voiture. Ça permet aussi de se déplacer plus librement et de faire des arrêts plus compliqués à effectuer en bus ou en train. Si ça vous intéresse, je vous laisse lire mon article pour connaître les démarches à effectuer pour traduire son permis français en japonais ici. Nous avons loué une voiture sur Klook pour ce séjour de quatre jours dans les Alpes japonaises.

Sinon, il est possible de prendre des trains ou des bus à réserver sur Klook ou sur 12go.com.

Prix pour 6 jours de location de voiture :

4 jours aux Alpes japonaise + une journée au mont Fuji + transfert : 221€ de location, 53€ d’essence, 94€ de péage soit un total de 368€ pour deux personnes (184€/pers).

Exemple de prix pour un trajet en train :

  • Tokyo – Matsumoto : 42€, 3h de route en train
  • Matsumoto – Kamikochi : à partir de 20€, train + bus 1h30. Prendre la Matsumoto Dentetsu Kamikochi Line puis prendre le bus National Park Liner + trajet retour
  • Matsumoto – Takayama : 27€, 3h de bus avec la compagnie Nouhi Bus (réservation à l’avance obligatoire)
  • Takayama – Shirawago : 15€, une heure de trajet avec la compagnie Nouhi Bus (réservation à l’avance obligatoire) + 15€ retour à Takayama
  • Takayama – Tokyo (ou ailleurs) : 45€, 5h30 (en bus sur 12go)
  • Tokyo – FujiKawaguchiko : 12€, 1h50 (en bus sur 12go) + retour
  • Total pour 1 personne : 208€
Où loger dans les Alpes japonaises ?

De manière générale au Japon, il faut impérativement réserver les hébergements à l’avance. Sinon, les prix seront exorbitants et la qualité ne sera pas au rendez-vous. Parce qu’on voyage sur du long terme, nous n’avons rien réservé en amont. Du coup, les logements n’étaient pas très qualitatifs et super chers. Je ne peux donc rien vous recommander qui vaille particulièrement le détour. L’avantage d’avoir une voiture, c’est aussi de pouvoir se loger dans des villages moins touristiques avec des prix plus attractifs. Les premières nuits, nous étions à Omachi puis nous avons passé les dernières à Gero. De cette manière, on a économisé beaucoup d’argent, ce que nous n’aurions pas pu faire en voyageant en transport en commun.

Quelle saison privilégier ?

Chaque saison a ses spécificités et ce, partout au Japon de manière générale. En été, il fait bon et les températures sont appréciables pour profiter des randonnées dans les alpes japonaises. Au printemps, c’est la saison des cerisiers et donc des fleurs de sakuras. C’est sûrement l’un des moments les plus prisés de l’année. En hiver, les villages traditionnels doivent certainement être féériques mais on ne peut pas accéder à certaines randonnées et notamment à la vallée de Kamikochi. En automne, les feuilles se parent de leurs plus belles couleurs et c’est aussi une saison à ne pas manquer !

Matsumoto

Après 3h30 de route depuis Tokyo, on arrive à notre premier arrêt dans les Alpes japonaises, Matsumoto. J’ai été assez déçue par la vieille ville qui se limite en fait à une seule rue où tous les magasins étaient fermés au moment où nous y étions, soit un mercredi dans la journée. Nawate Street et Nakamachi Dori sont deux petites ruelles à l’architecture traditionnelle où l’on peut voir de nombreuses statues de grenouilles. Celles-ci avaient l’habitude de peupler la rivière avant qu’une inondation ne les force à quitter les lieux. Depuis, elles sont le symbole de la ville. On trouve de nombreuses boutiques de souvenirs dans ces rues. On retiendra Shinshu Omiyage Base, l’une des seules ouvertes, pour ramener des produits locaux comme de la confiture ou du miso.

Pour se garer dans la ville, il y a différents parkings, notamment près du château. Prix : entre 600 et 800 ¥ pour 24h.

Le château de Matsumoto

Le château est l’un des incontournable de la ville de Matsumoto. Surnommé la « corbeau noir » en raison de sa couleur, c’est l’un des douze châteaux du Japon qui a conservé son donjon d’origine ! Il est classé trésor national du Japon.

L’entrée coûte 700 ¥ et sur place, des guides volontaires peuvent vous expliquer gratuitement plus en détails l’histoire de ce lieu.

Visiter une brasserie de Miso

Ishii Miso est une brasserie créée depuis 1868. Le miso est une pâte fermentée faite à base de riz, de sel et de soja. La préfecture de Nagano, où se trouve la ville de Matsumoto, est le premier producteur de miso du Japon (près de 50% de la production nationale). Une des spécialités de la brasserie est le fait qu’ils fermentent le miso pendant plus de trois ans. En comparaison, le miso n’est fermenté que quelques mois quand il sort d’usine. De plus, la brasserie utilise des barils en bois de cèdre contrairement à l’industrie qui se sert de barils en inox ! Seulement 1% du miso produit au Japon est réalisé dans des barils en bois.

Chaque jour, à 11h et 13h30, il est possible de faire un tour organisé en anglais d’une quinzaine de minutes pour en apprendre davantage sur le miso. On peut aussi déguster gratuitement de la soupe miso en demandant au staff sur place. Il y a également un restaurant (attention réservation requise à l’avance) et une boutique pour acheter des produits à base de miso ou encore déguster une glace au miso.

Bon plan : sur place, il y a un parking gratuit. Ça peut être pratique de commencer ici et d’aller visiter la ville ensuite pour ne pas payer de parking.

& une ferme de wasabi

La Daio Wasabi Farm est située à une vingtaine de minutes de Matsumoto. Avoir une voiture est idéale pour pouvoir s’y rendre. C’est l’endroit parfait pour acheter des produits dérivés à base de Wasabi ou déguster une glace à la saveur de ce condiment (550 ¥ avec topping Wasabi). On peut aussi déambuler dans les plantations et voir comment pousse la racine, soit directement dans l’eau du ruisseau. En revanche, j’ai trouvé dommage de ne pas avoir plus d’explications, notamment sur le processus de fabrication de la racine à la pâte de Wasabi.

Pour aller plus loin à Matsumoto…

Si vous avez un jour de plus dans les Alpes japonaises, il peut être intéressant de se rendre à ces endroits :

  • Visiter le village de Narai Juku à l’architecture traditionnelle. Il a fait l’objet de nombreux tournages de films et séries sur les samouraïs. Les bâtiments sont préservés et l’ambiance est tout à fait typique.
  • Profiter des sources d’eau chaude à Yunohana Sento Zuisho Matsumoto Kan. L’avantage de cet endroit est qu’il propose la location d’un onsen privé (2700 ¥ pour 1h30), si vous avez du mal à vous mettre tout nu devant d’autres personnes !

La vallée de Kamikochi

Infos pratiques

Cette vallée située à 1500 mètres d’altitude est l’endroit idéal pour tous les amoureux de randonnée. On y accède en une heure de voiture depuis la ville de Matsumoto. Ensuite, il faut se garer au parking de Sawando Bus Terminal (700 ¥) puis prendre un bus jusqu’au point de départ des randonnées (2800 ¥ l’aller-retour). Il n’est pas possible de s’y rendre soi-même avec son propre véhicule. Le bus passe toutes les 30 minutes et le trajet dure 15-20 minutes. Vous pouvez vous arrêter à Thaishō-ike ou à Kappa-bashi selon la promenade que vous souhaitez faire. Attention, le parc ferme ses portes de mi-novembre à mi-avril. Enfin, sachez que le drone est interdit dans le parc.

Notre itinéraire

Nous sommes partis vers 10h de Thaishō-ike jusqu’au pont de Kappa-bashi. C’est la portion la plus touristique. On longe la rivière à l’eau si claire et turquoise, avec les montagnes en fond et les couleurs d’automne, c’est vraiment beau ! En cette fin de mois d’octobre, il y avait beaucoup de monde et on se suivait tous de très près.

Au niveau du pont, on trouve des restaurants mais il faut prévoir du liquide et il y a la queue ! L’après-midi, on se rend à Myojin Bridge en marchant un peu plus dans la forêt. On peut s’arrêter à Myojin Pound pour 500 ¥. C’est un autel qui se trouve sur un petit lac. On est un peu plus tranquille sur cette partie du parcours. Toute la balade s’effectue sur du plat, c’est une promenade très facile et accessible. On retourne à Kappa-bashi vers 16h pour prendre le bus retour. Attention, le dernier bus est à 17h30.

Dans les Alpes japonaises, il est aussi possible de faire l’ascension d’un sommet. Dans ce cas-là, il faut prévoir au moins deux jours sur place et se munir d’un équipement spécial selon la saison, comme des crampons par exemple.

Les paysages sont très beaux et ressemblent beaucoup à nos Alpes françaises. J’ai bien aimé même si le bus pour se rendre au parc est cher (17€) et qu’il y avait beaucoup de monde ! Vous croiserez sûrement des singes, comme ceux que l’on voit au parc de Jigokudani et qui se baignent dans les sources d’eau chaude. D’ailleurs, j’ai fait quelques recherches sur ce lieu et bien qu’il soit très prisé des voyageurs, il est préférable d’y aller en hiver. En effet, les singes se baignent plutôt lorsqu’il neige et qu’il fait très froid. Donc ça ne vaut peut-être pas le déplacement le reste de l’année, à tester. Enfin, la vallée abrite aussi une grande population d’ours. On trouve des cloches « anti-ours » à sonner tout au long du chemin. Les japonais en portent également sur eux, accrochées à leur sac à dos.

Shirakawago

Shirakawago, c’est en réalité trois villages classés au patrimoine mondial de l’UNESCO : Suganuma, Ainokura et Ogimachi. C’est ce dernier qu’on a décidé de visiter même s’il est possible de faire les trois sur une journée en partant très tôt de Matsumoto car il faut compter 3h pour s’y rendre.

Ces villages traditionnels sont composés de maisons gassho-zukuri conçues avec d’épais toits de chaume. Les toits sont pentus pour ne pas retenir la neige en hiver et créer de surpoids supplémentaire. L’étage des maisons était à l’époque dédié à la culture des vers de soie. Dans le village, on trouve différentes cafés, restaurants et boutiques de souvenirs. De plus, il est possible de visiter l’intérieure de certaines maisons comme la maison Wada (ou maison du chef) ou le musée Myozenji pour 400 ¥ à chaque fois.

Au total, on a passé près de trois heures à déambuler dans le village en terminant par le point de vue Ogimachi Castle Observation Deck pour avoir un aperçu des maisons en hauteur. Il faut compter quinze minutes de marche pour y accéder.

Parking sur place : 1000 ¥.

Une nuit à Gero :

On a passé une nuit à Gero car c’était plus économique que de dormir à Takayama. C’est une étape qui peut valoir le coup dans un itinéraire des Alpes japonaises. En effet, on trouve ici de nombreux onsens. La ville a d’ailleurs mis à disposition un pass à 1600 ¥ qui permet de tester trois sources d’eau chaude différentes.

Takayama

C’est clairement l’étape coup de cœur de ce séjour dans les Alpes japonaises. J’ai trouvé le village absolument magnifique, très authentique et bien conservé. La ville abrite aussi plusieurs brasseries de saké, parfait pour une dégustation sur le pouce. Voici une liste non exhaustive des choses à faire sur place :

  • Assister au festival Matsuri si vous y êtes entre le 9 & 10 octobre ou le 14 & 15 avril. Des chars géants, ornés de lanternes, paradent dans la ville pour célébrer respectivement les récoltes et le début du printemps.
  • Se rendre au marché de Miyagawa ouvert chaque jour de 8h à 12h. On peut goûter différentes spécialités comme le gohei mochi (une purée de riz grillée avec une sauce au sésame), les bao au bœuf Hida, le tamaten (une spécialité du village à base de blanc d’œuf monté et de sucre) ou encore le mitarashi dango (un mochi de riz glacé enrobé de sauce soja).
  • Déambuler dans les ruelles du quartier historique de Sanmachi Suji. Il y a plein de magasins d’artisans locaux. Je vous conseille de manger des sushis (appelés nigiris au Japon) au bœuf Hida chez Hida Kotte Ushi. Ne loupez pas Onoya Brewery pour une dégustation de soupe miso ou pour rapporter de la sauce soja. Enfin, passez chez Funasaka Sake Brewery pour une dégustation de saké. C’est un système de libre service. Il faut payer 100 ¥ pour obtenir un petit verre à saké (que l’on peut garder en souvenir) puis c’est 100 ¥ le shot. Mention spéciale pour celui au yuzu !!!
  • Visiter la maison Yoshijima pour admirer l’architecture traditionnelle japonaise. Cette ancienne demeure abritait la famille Yoshijima qui avait fait fortune dans le saké et leur activité de prêteur sur gage. Elle fût la première maison classée patrimoine culturel au Japon. En fin de journée, on était vraiment seuls dans cette maison absolument splendide donnant sur un petit jardin à l’arrière. Prix : 500 ¥. Attention, elle ferme à 16h. Dans le même style, il y a aussi le Kusakabe Folk Museum.
Ce qu’on n’a pas eu le temps de faire :
  • Takayama Jinya : visiter la cité administrative et son bâtiment historique datant du début du XVIIe siècle. Là encore, architecture traditionnelle : tatamis et portes coulissantes en papier. Prix : 420 ¥.
  • Village folklorique de Hida Minzoku Mura : bonne alternative si vous n’avez pas fait Shirakawago, c’est un village d’une trentaine de maisons traditionnelles. Prix : 700 ¥.
  • Circuit des temples d’Higashiyama Teramachi : balade de deux heures dans la forêt à travers treize temples bouddhistes et cinq sanctuaires shintoïstes.

Bonnes adresses : on a testé le restaurant Suzyua pour goûter du bœuf Hida, une viande d’une grande qualité qui n’a rien à envier au bœuf de Kobe. On ne peut que recommander ce restaurant à 100%. J’ai choisi un Amiyaki BBQ pour 3980 ¥ et c’était un régal. On grille soi-même la viande sur un mini barbecue au charbon, accompagné de quelques légumes. On peut commander en plus du riz ou une soupe miso pour quelques yens supplémentaires.

Parking sur place : 700 ¥ pour 12h à Asahi Park.

💡 Les Alpes japonaises, c’est la région parfaite pour tester un ryokan, ces hébergements typiquement japonais. Ce sont des logements traditionnels dont le sol est recouvert de tatamis et la lumière, très tamisée. Très souvent, ils disposent d’un onsen, une source d’eau chaude. Elle peut être privée ou publique. Dans ce cas, la tradition veut que l’on se baigne tout nu ! Bien souvent, il s’agit alors de bains non mixtes. De plus, parfois les tatouages sont interdits car au Japon, seuls les yakuzas en ont.
Pour dormir dans ce type d’hébergement, il faut réserver bien à l’avance.

Le Mont Fuji

Comment s’y rendre ?

Comme mentionné plus haut, nous avons loué une voiture pendant six jours pour visiter les Alpes japonaises et le mont Fuji. Cependant, le volcan reste facilement accessible en transport.

La meilleure période pour le voir

Certains disent que l’hiver est la meilleure période car l’air est moins humide. D’autres préconisent plutôt l’été ou la fin du printemps. Quoi qu’il en soit, je vous conseille de rester plusieurs jours sur place pour maximiser vos chances. Même s’il fait beau, les nuages ont tendance à rester accrochés à la montagne. Parfois, la vue n’est dégagée que quelques heures par jour.

Je suis restée une journée à Kawaguchiko mi octobre et le temps a été nuageux toute la journée. Je n’ai pas eu la chance de l’apercevoir…

Quelle ville choisir ?

Kawaguchiko est certainement l’endroit le plus prisé avec des spots iconiques comme la pagode de Chureito ou le Lawson de la station de train. Mais Hakone et Fujiyoshida offrent, elles aussi, des points de vue à couper le souffle par temps dégagé.

Les meilleurs spots à Kawaguchiko
  • Le lac Yamanaka-ko et le lac Kawaguchi-ko : le premier est moins touristique et on peut faire le tour des deux lacs à vélo. Ils sont situés de part et d’autres du mont Fuji donc parfois, un des deux côtés peut être dégagé et pas l’autre.
  • La pagode de Chureito : c’est clairement le lieu qu’on voit le plus sur les réseaux avec tous les emblèmes du Japon : une pagode, le volcan et les fleurs de cerisiers en saison.
  • Le Lawson de Kawaguchiko station : là encore, deux emblèmes, le mont Fuji qui se dresse fièrement au dessus d’un konbini.
  • Shimoyoshida Honcho street et les rues parallèles : il n’y a pas grand chose à faire dans ces rues mais par temps dégagé, on voit bien le mont Fuji en fond et les petites ruelles pleine de câbles électriques rendent le décor très atypique.
  • Tenku-no torii : c’est un sanctuaire shintoïste avec un torii qui donne sur le mont Fuji.
  • Kitaguchi Hongu Fuji Sengen Shrine : je n’ai pas trop compris où était le point de vue pour voir le mont Fuji mais cela dit la météo n’était pas bonne du tout. Dans tous les cas, c’est un beau temple avec plein de lanternes en pierre qui bordent les allées le long de la forêt.
  • Le village traditionnel aux toits pentus de Oshino Hakkai.
  • Si vous avez plus de temps : le parc Nagasaki et le lac Shoji.

Voyage réalisé en octobre 2024

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