Île indonésienne encore préservée du tourisme de masse, Sulawesi a été un réel coup de cœur pour moi. C’est le genre de voyage qui réunit tout ce que j’aime : un dépaysement culturel important avec les Torajas ; des paysages de folies allant des rizières aux plages paradisiaques ; une nature luxuriante et des animaux endémiques ; enfin, une population d’une gentillesse incroyable.
Les distances étant longues, je vous conseille au minimum trois semaines pour bien profiter des lieux. Il y a deux aéroports principaux : Manado au nord de l’île et Makassar au sud. J’ai décidé d’arriver par le sud afin de créer un itinéraire logique pour la suite du voyage. En effet, puisque j’allais ensuite à Raja Ampat, les connexions Manado-Sorong sont les plus simples.
Je vous livre donc mes incontournables lors d’un voyage à Sulawesi.
Sommaire
Rentepao, cérémonie funéraire Toraja
Rentepao est le point de départ pour assister à une cérémonie funéraire Toraja. Les torajas sont aujourd’hui chrétiens – protestants – pour la plupart d’entre eux. Ils estiment leur population à environ 600 000 personnes, dont 60% serait partie ailleurs pour travailler. La particularité de ce peuple est leur croyance particulière en la mort. En effet, ils passent leur vie à la préparer en économisant pour se payer de grandes funérailles. Parfois, les défunts restent des mois voir des années dans les maisons avant d’être enterrés. D’ailleurs, tous les trois ans, au mois d’août, les familles exposent le défunt si celui-ci est bien conservé afin de le nettoyer et de lui changer ses vêtements.



Déroulé de la cérémonie
Les funérailles durent en moyenne cinq jours et nous avons assisté au premier jour de la cérémonie, appelé « la procession ». Avant de s’y rendre, le guide nous emmène au village de Ke’te Kesu. Il s’agit d’un village aux maisons traditionnelles dont l’entrée coûte 30k/personne (1,88€) (et le parking 5k – 0,3€). Ici, les toits sont fabriqués de façon traditionnelle, c’est-à-dire en bambou, alors que la plupart des maisons aujourd’hui sont faites en tôle. L’architecture des maisons est incroyable. Elles ressemblent aux bateaux d’époque puisque les ancêtres des torajas étaient arrivés d’Indochine par voie maritime. Sur le site, on voit aussi des cercueils perchés dans les falaises. Les torajas choissisaient des endroits inaccessibles pour éviter les profanations. En effet, les défunts sont toujours enterrés avec leurs bijoux ou autres biens précieux.
Jour 1 : la procession
Ensuite, direction la cérémonie. Le premier jour consiste à déplacer le cercueil de la maison où il est conservé jusqu’au village où se situe le tombeau familial. Dans notre cas, le défunt avait 70 ans et était décédé cinq mois auparavant. Il appartenait à une classe sociale élevée puisque plus l’enterrement est rapide, plus cela signifie que la famille possède de l’argent. Ici, les mœurs sont bien différentes des nôtres : on ne voit personne pleurer. À l’inverse, les gens rient, dansent et chantent. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas tristes. Simplement, ils appréhendent la mort différemment : comme un aboutissement.



On vous recommande de ne pas assister au troisième jour si vous êtes sensible au traitement des animaux puisqu’il s’agit du jour des sacrifices. En effet, les buffles et cochons sont égorgés en grand nombre. Pour les torajas, le buffle est un animal sacré. Selon leur coryance, le dernier souffle du premier buffle sacrifié signifie le départ du défunt vers l’au-delà. Cependant, la viande n’est jamais gaspillée. Elle est distribuée au sein du village ou exportée ailleurs en Indonésie. À titre d’information, les buffles femelles valent en moyenne 1500€ et les mâles plus du double. Les albinos sont les spécimens les plus sacrés : ils se vendent jusqu’à 30 000€.
L’après-midi, direction Londa, un site où l’on peut visiter des grottes avec des cercueils et quelques crânes. L’entrée coûte 30k (1,8€) et il faudra payer 50k supplémentaires pour la location d’une lampe à pétrole. Honnêtement, ça ne vaut pas le détour selon moi. Le tour est vite fait et il y avait pas mal de déchêts dans les grottes.

On visite également Lemo (20k), où l’on peut voir des tombeaux creusés dans les falaises rocheuses ainsi que les statues des défunts.


Il est d’usage pour les familles aisées d’avoir leur propre statue à leur enterrement. Pour se faire, il faut sacrifier au moins 24 buffles et la confection des statues dure quasiment un an. Ici, sur ce site, ce sont les premiers habitants du village qui y sont enterrés de génération en génération depuis le XVIIème siècle. De manière générale, les torajas ne sont pas enterrés dans le sol mais dans des tombeaux, des grottes ou des falaises. Ils ont également d’autres traditions comme enterrer les placentas des bébés au pied de leur maison afin que les nourrissons gardent les secrets de famille et conservent une appartenance à leur terre mère toute leur vie.
Jour 2 : visiter les environs à scooter
Pour ce deuxième jour, nous avons préféré louer un scooter et arpenter les environs par nous-mêmes. Nous sommes passés par le marché Pasar Bolu puis à Bori, un village typique dont l’entrée coûte 30k. On ne recommande pas forcément ce village puisqu’après, on s’est arrêté à Palawa, un second village aux maisons traditionnelles. Il est gratuit et on a pu assister à la fin d’une cérémonie. Enfin, je recommande Tinimbayo Rice Terrace et Mentirotiku Batutumonga Restaurant pour avoir un joli point de vue sur les rizières.
Comment s’organiser pour assister à une cérémonie ?
Le mieux est de prendre un guide afin d’en apprendre un peu plus sur la culture Toraja et se sentir plus à l’aise au sein de la famille du défunt. C’est aussi bien de se renseigner en amont concernant les dates des prochaines cérémonies. Elles sont plus nombreuses entre juin et octobre.
On recommande John (WhatsApp : + 62 813-5169-7838). Il parle anglais et français. On a payé 100€ (1,7 million de roupies indonésienne) à diviser en quatre pour une journée de 9h à 18h. Le prix moyen est de 30 à 40€ par personne, selon si vous choissisez de vous déplacer en scooter ou en voiture. Le déjeuner est compris, on partage le repas du midi avec les invités de la cérémonie. En revanche, ce prix exclut la taxe d’entrée dans le village (30k) et les offrandes achetées pour la famille (bien souvent une cartouche de cigarettes ou des gâteaux pour les enfants).
Il vous faudra ensuite trouver un hébergement pour la nuit sur Rentepao. Sachez que le temps passé dans le village n’est que de 3 à 4 heures. Le reste du temps, le guide nous a conduit vers différents sites aux alentours. C’est pour cette raison que nous n’avons fait qu’une journée de cérémonie. Nous avons préféré explorer les environs par nous-mêmes en louant un scooter les jours suivants.
Information importante : Sachez qu’il est préférable de porter des vêtements couvrants pour assister à la cérémonie, noirs de préférence.
Comment s’y rendre ?
Puisqu’on voyagait à quatre, nous avons pris des taxis la plupart du temps. Ici, les voyageurs choisissent souvent de prendre des voitures partagées. Il est donc intéressant de trouver d’autres personnes afin de réduire considérablement les coûts.
Trajet Makassar-Rentepao : 8h, 80€ (1,3 million de roupies indonésienne)
Les îles Toggians
Les îles Toggians sont un véritable paradis sur terre. Ici, on trouve de magnifiques plages de sable blanc à l’eau cristalline ainsi que des coraux très bien préservés. On a choisi de dormir dans deux hôtels différents afin de tester différentes activités.
Kadidiri Paradise, un bungalow face à la mer
On a d’abord séjourné à Kadidiri Paradise pour 500k la nuit, repas inclus (29,5€). Ici, tous les hôtels proposent des formules avec pension complète. Certains hôtels ont des services de navettes gratuites depuis Wakai. Nous, on a payé 100k (6€) à trois pour le transfert. Le bungalow était propre mais seul petit bémol : on a eu la visite de rats la première nuit. Après, on est en pleine jungle, ça arrive assez régulièrement. De plus, on avait de l’électricité seulement le matin entre 9h et 10h30 et le soir de 17h à 23h.
On a bien aimé l’endroit pour le snorkelling accessible depuis le ponton et pour la possibilité de boire des cocktails tout en admirant le coucher du soleil. C’est un resort avec pas mal de monde, il ne faut pas s’attendre à un petit cottage familial. L’hôtel propose différentes activités comme la possibilité de passer son OpenWater pour 380€ ou de plonger pour 36€/plongée. Il est également possible de louer du matériel de snorkeling pour 3€.





+ Excursion à la journée depuis Kadidiri Paradise
On a réservé une activité à la demi-journée pour 250k (15€) avec au programme : Jellyfish Lake, un lac rempli de méduses ; Karina beach, une magnifique plage de sable blanc ; et deux autres spots de snorkeling : Taipi & Taipi Wall. L’hôtel propose également une sortie à la journée jusqu’à Malenge pour 350k (20€). Comme notre second hôtel se situait là-bas, nous avons préféré ne pas y aller. L’activité phare est vraiment le lac aux méduses. C’est incroyable de pouvoir nager au milieu de centaines de méduses ! Sachez qu’elles sont inoffensives car avec le temps et l’absence de prédateurs, elles ont perdues leur capacité à piquer.
Nous avons aussi fait une petite marche derrière le resort jusqu’à la plage de Barracuda. Tout au fond, vous pourrez trouver un peu de réseau si vous avez Telkomsel (réseau qui marche mieux que les autres sur les îles d’ailleurs).
On s’est ensuite rendu jusqu’à notre deuxième hôtel en bateau privé pour 700k (41€) et environ 2h de trajet. Il y a des transports publics mais ils ne passent pas tous les jours, renseignez-vous en avance auprès de votre hôtel. Voir la photo ci-dessus.
Sera Beach, une des plus belles plages d’Indonésie
Après trois jours à Kadidiri, on a posé nos valises au Sera Beach pour deux nuit supplémentaires. On a adoré cet endroit, véritable paradis. Le personnel était adorable, l’ambiance intimiste, la nourriture excellente et la plage juste incroyable. On peut d’ailleurs voir des requins pointes noires sur cette plage et des tortues sur la plage de Sandy Bay, accessible un peu plus loin en snorkeling. C’est ici que l’on a vu notre premier poisson crocodile !
Il est aussi possible de faire des sorties snorkeling pour 75k/pers (4,5€). Les reefs ont des numéros et notre guide nous a recommandé le numéro 2 (que l’on a testé et approuvé) et le numéro 5. N’hésitez pas à visiter le village Bajo de Malenge. Ce sont des anciens nomades des mers aujourd’hui installés ici. Le snorkelling sous le ponton est incroyable. On peut y voir des coraux en excellent état ainsi que des blue dragon fish et des mandarine fish.

Nous avons ensuite repris le public boat jusqu’à Wakai pour 20k/pers (1,2€) et un peu moins de deux heures de traversée.
Una Una, île volcanique prisée pour la plongée
Si vous avez le temps, n’hésitez pas à vous rendre à Una Una. C’est une île volcanique avec des plages de sable noir, et la possibilité de faire l’ascension d’un volcan et de réaliser de belles plongées.


Informations générales : pensez à retirer sufisamment d’argent car on ne trouve aucun distributeur sur les îles Toggians. À titre d’exemple, pour 6 jours et 5 nuits, nous avons dépensé 7 millions pour deux, soit 400€. Sur les îles, il n’y a pas de réseau, sauf de la Wi-fi payante à quelques endroits (qui est d’ailleurs très chère : 200k/12€ les 3Gigas).
Comment s’y rendre ?
Tout d’abord, il faudra aller à Tentena depuis Rentepao. Nous avons pris le bus de la compagnie Rappan Marannu : 250k/pers (15€), 13h30 de trajet. À Tentena, on a passé la nuit à Ue Datu Cottage, un hôtel à 280k la nuit avec petit-déjeuner inclus, en face du lac. Le personnel était adorable et ils peuvent organiser les transferts de la station de bus à l’hôtel sur demande pour 25k/pers.
Nous avons ensuite pris une voiture partagée jusqu’à Ampana pour 900k (53€). Sur Booking, on trouve peu d’hôtels à Ampana mais il y en a beaucoup une fois sur place. Vous pourrez par exemple leur demander de vous organiser une sortie au Cape Fire, ou plage de feu. Il s’agit d’un endroit où un gaz s’échappe du sable et forme des flammes bleutées.
Au port d’Ampana, il y a plusieurs solutions pour se rendre à Wakai :
- un speedboat départ 9h, 1h30 de traversée pour 160k (9,5€)
- un slowboat départ 9-10h, 3h de traversée pour 110k (6,5€)
- un ferry au port d’Uebone (il se trouve à un endroit différent dans la ville) 5h de traversée, 58k (3,4€)
Il y a une taxe d’entrée de 150k (9€) pour se rendre aux îles Toggians, à payer directement au port.
Gorontalo et les requins baleines
À Gorontalo, l’activité phare est de nager avec les requins baleines. La saison s’étend de novembre à avril mais en réalité, ils sont présents à d’autres moments de l’année. En effet, ils sont nourris par les locaux pour attirer les touristes. Il faut être conscient que le nourrissage perturbe les cycles migratoires des requins-baleines. Nous avons donc passé notre chemin puisque nous l’avions déjà fait en Australie dans le respect total de l’animal.
Les requins-baleines se trouvent en bord de plage, à une vingtaine de mètres seulement mais il n’est pas possible d’y aller seul. Il faut payer 80k par personne, soit 5€.
Comment s’y rendre ?
Depuis Wakai dans les îles Toggians, il faut prendre un ferry direction Gorontalo. Il passe le lundi et le jeudi à 17h. Il est possible de réserver des cabines privées à l’avance via votre hébergement. En revanche, si vous souhaitez comme nous des couchettes sur le pont, il faudra venir à l’avance au port.
On peut acheter le billet économique à l’office avant pour 65k (3,8€) et payer la différence une fois sur le bateau s’il reste de la place pour les couchettes : 30k supplémentaires. Il y a des toilettes à bord et de quoi acheter des snacks mais prévoyez votre repas si vous souhaitez manger. L’arrivée se fait vers 6h le matin.
Manado – Parc national de Tangkoko
Manado est le point de départ du parc national de Tangkoko. On a donc loué un scooter pour 85k (5€) à Vallery Rental. Il faut compter environ 1h30 pour s’y rendre.
L’entrée dans le parc coûte 100k (6€) la semaine et 150k (8,8€) le week-end. À cela s’ajoute le prix du guide : 100k/150k (semaine/week-end) pour les tours de nuit et 200/250k (11,8 – 14,8€) pour les tours le matin.





Les tours le matin durent entre 4 et 5h : de 5h45 le matin jusqu’à environ 10h. On peut voit des hornbills (de magnifiques toucans avec un bec jaune et une crête rouge), des martins-pêcheurs, des macaques noirs à fesses roses, des tarsiers et des couscous bear. Sulawesi abrite de nombreuses espèces endémiques. Par exemple, le guide nous a appris qu’il y a 22 espèces de macaques dans le monde. Dix-huit se trouvent en Indonésie dont sept à Sulawesi. Le soir, le tour dure environ 3h et commence vers 16h. On peut voir des tarsiers, des scorpions et des tarentules.
On vous conseille de faire les deux tours dans la même journée sinon il faudra s’acquitter des frais d’entrée à nouveau. Si vous êtes un peu serrés niveau temps ou budget, le tour du matin se suffit à lui-même. On y voit tout sauf les tarentules et les scorpions.
On a trouvé notre guide via l’hébergement Tangkoko Hill Homestay qui propose des chambres et une pension complète pour 550k (32,5€). Vous pouvez aussi le contacter sur IG : @stefenbee96


Comment s’y rendre ?
Pour aller de Gorontalo à Manado, on a pris une voiture partagée pour 1,2 million de roupies.
Bunaken

Bunaken est classé réserve de biosphère par l’UNESCO, ce qui en fait une destination prisée pour les amateurs de plongée. On a logé au 4 sisters divers où l’on a payé 850k (50€) les deux plongées. C’était d’ailleurs les moins chères de toutes nos plongées à travers le monde ! Nous avons fait les spots de Sachiko’s Point et Living Colors et on a vu de nombreuses tortues, des nudibranches et un requin pointe blanche de récif. Concernant l’hébergement, les chambres sont propres et spacieuses, et disposent de la clim (qu’il faut payer en supplément). En revanche, la nourriture était assez banale. Enfin, les moniteurs de plongée étaient sympas mais on ne recommande pas forcément pour les débutants car le matériel n’était pas de très bonne qualité.
Les activités principales sur l’île sont le snorkeling ou les balades dans le village. On vous conseille les spots de Likuan 1,2 et 3 pour nager parce qu’il y a beaucoup plus de tortues qu’ailleurs. Vous pouvez aussi longer le tombant entre Lorenzo’s Cottage et le ponton de 4 sisters. Ici, des dugongs sont parfois aperçus. La location du bateau à la journée coûte 450k (26,5€) à diviser entre les participants pour 2-3h de snorkeling.
On a bien aimé l’endroit mais sachez qu’il y a quand même pas mal de déchets à Bunaken.
Comment s’y rendre ?
Depuis le port de Pelabuhan à Manado, le public boat passe à 14h tous les jours et coûte 50k/pers. Pour le retour, le bateau passe à 9h le matin.
Sulawesi a été pour moi un véritable coup de cœur et je rêve déjà d’y retourner pour visiter d’autres endroits comme les îles Banggai et Labengki.
Voyage réalisé en septembre 2023