Kyoto est complètement différente de Tokyo. En effet, c’est une ville à taille humaine, sans grands buildings qui a su conserver une architecture traditionnelle et plus authentique. On est loin de l’effervescence de la capitale et j’ai vraiment adoré y passer du temps. La ville abrite plus de 1600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires shintoïstes. Difficile de choisir lesquels visiter. C’est pourquoi je vous livre mon itinéraire sur trois jours avec mes coups de cœur et mes bonnes adresses. Je suis restée trois jours à Kyoto, plus une journée complète à Nara.
Comment se déplacer à Kyoto :
Pour se rendre à Kyoto, on a pris un bus de nuit depuis Tokyo de la compagnie Sakura Express pour 18€.
Dans la ville, on se déplace en bus ou en métro avec la carte Suica. On peut aussi acheter un Day pass à 1100 ¥. Le Kansas Railway Pass permet, quant à lui, d’utiliser les métros et les trains dans la région du Kansai (autour d’Osaka et de Kyoto), à l’exception des trains JR. Il coûte 7000 ¥ pour 3 jours.
💡Quand on visite un temple au Japon, on peut demander une calligraphie (le Goshuin) à collecter dans un cahier en guise de souvenir. Le mieux est d’acheter un petit cahier dans un temple directement car certains religieux ne veulent pas faire les goshuins dans un cahier lambda. Il faut aussi que le carnet soit dédié à ça uniquement car ils sont considérés comme sacrés. Comptez entre 300 et 500 ¥ la calligraphie. Aussi, renseignez-vous bien sur les horaires d’ouverture des temples, la plupart ferment leurs portes relativement tôt ! On peut aussi collectionner les Eki Stamps, des tampons souvenirs disponibles dans les gares, les monuments, les points de vue etc. C’est complètement gratuit, contrairement au Goshuin. Attention à ne pas le faire sur le même carnet au risque de ne plus pouvoir ajouter de calligraphie. Vous pouvez retrouver l’emplacement de chaque tampon sur l’application Stamp Quest. |
Sommaire
Première journée : l’est de Kyoto
Gion, le quartier touristique et emblématique de Kyoto


C’est l’endroit à ne pas louper quand on visite cette ville. J’ai particulièrement aimé les ruelles photogéniques de Ninenzaka & Sannenzaka. De là, on aperçoit la pagode Yasaka (appelée aussi temple Hokan-ji), un des incontournables de Kyoto. Le parc Maruyama est aussi très agréable pour une petite balade. C’est d’ailleurs là qu’on a vu notre première plaque d’égout Pokémon. En effet, on trouve des plaques à l’effigie des Pokémon et ce site peut vous aider à les trouver. Certaines sont proches des sentiers touristiques et d’autres sont un peu en dehors de la ville, pas facile donc de tomber dessus. On trouve aussi le temple Yasaka-jinja à l’intérieur du parc.


Non loin, le temple Kiyomizu-dera mérite le détour. En automne, le décor est somptueux avec les feuilles orangées des érables. Son bâtiment à flanc de montagne est classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1994. Son nom veut dire « temple de l’eau pure » qui vient de la cascade Otawa sur laquelle le temple est construit. L’entrée coûte 400 ¥. Juste à côté, pour les fans des studios Ghibli, il y a une boutique où acheter quelques souvenirs.


À ne pas manquer dans ce quartier, la rue Hanamikoji. C’est l’endroit idéal pour voir des geishas le soir entre 17 et 18h. Il y a même un point maps.me avec la localisation exacte pour maximiser ses chances. J’en reparle plus en détails sur l’itinéraire du troisième jour.
Enfin, la rue Pontocho est une petite ruelle bordée de restaurants. C’est touristique et sûrement assez cher mais j’ai vraiment aimé l’ambiance. De l’autre côté, on peut faire une balade sur les quais près de la rivière.
Gion est aussi l’endroit parfait pour louer des kimonos et faire quelques photos souvenirs. On trouve des boutiques un peu partout.
Bonnes adresses :
On a testé un shabu shabu, une fondue japonaise à base de viandes et de légumes. Shabu-shabu est l’onomatopée japonaise correspondant au bruit de la viande plongée dans le bouillon chaud. Le restaurant Tajimaya se situe au huitième étage d’un centre commercial et se base sur le principe du buffet à volonté. Pour environ 4000 ¥, on trempe le bœuf et le porc dans les bouillons de notre choix (miso et yuzu pour nous) ainsi que différents légumes, le tout accompagné de riz ou de nouilles et plusieurs types de sauces, condiments etc. Il y a même des glaces en dessert ! Bref, je ne peux que le recommander au vu du rapport qualité/prix. Bien entendu, il est possible de choisir la qualité de votre viande et ainsi de faire augmenter considérablement le prix. J’ai quand même choisi l’option premium.
Nishiki market


Nishiki market est un marché couvert où l’on trouve de nombreux stands de street food. C’est l’endroit idéal pour manger sur le pouce et goûter de nouvelles spécialités. Il y a même un petit food court à l’intérieur du marché où l’on a goûté d’excellents gyozas, récompensés par un Bib gourmand au Guide Michelin. Les galeries Teramachi & Shinkyogoku sont situées juste à côté. Ce sont de longues allées où l’on trouve des boutiques de souvenirs, des friperies etc. Je vous conseille Japanime Art Gallery pour ramener une affiche de votre animé préféré ou Snoopy yaki pour goûter un gâteau en forme de Snoopy, fourré de crème pâtissière. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi, mais les japonais sont très fans de Snoopy. On trouve des tas de magasins à son effigie.


Face House, le château Nijo-jo et/ou le palais impérial
Face House est une petite maison à l’architecture curieuse et originale pas très loin du château de Nijo-jo. On peut seulement l’observer de l’extérieur mais si vous êtes dans le quartier, ça peut valoir un petit détour. Le plus logique après le marché de street food est de visiter le château ou le palais impérial. J’ai personnellement décidé de ne pas le faire parce qu’il faut bien faire des choix et établir des priorités.
Le château de Nijo-jo fût la résidence du premier shogun (général en chef des armées) à la période Edo. Le château est quand même inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et classé Trésor National. Comme beaucoup de sites au Japon me direz-vous. Il est possible de visiter les appartements privés et les salles de réception du shogun. L’architecture est typiquement japonaise : tatamis, portes coulissantes au quadrillage de bois et papiers de riz etc. En revanche, interdiction de prendre des photos à l’intérieur. Comptez 1100 ¥ pour la visite.
Enfin, le palais impérial est l’ancienne demeure des empereurs retirés. On peut aussi visiter son magnifique jardin. Attention, il est fermé le lundi.
Le pavillon d’argent


Ginkaku-ji ou pavillon d’argent est un temple bouddhiste classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Situé dans un magnifique parc, il doit son nom au fait que, quand le soleil brille, les monticules de sable reflètent une couleur argentée sur le pavillon. L’entrée coûte 500 ¥.
Juste à côté, on peut se balader le long du chemin de la philosophie. C’est un spot magnifique au printemps puisque l’allée est bordée de cerisiers. Ce chemin pédestre qui longe un canal est ainsi nommé car un célèbre philosophe japonais l’empruntait quotidiennement pour effectuer sa médiation.
Deuxième journée : nord-ouest de Kyoto
Le quartier d’Arashiyama


Le quartier abrite la fameuse bambouseraie, une forêt de bambous géants de plus de dix mètres de haut. L’endroit est complètement gratuit et si vous voulez faire de jolies photos, je vous recommande de venir très tôt ! L’allée est vite prise d’assaut par les touristes. Il y a aussi différents temples à visiter aux alentours de la forêt comme le Kōgen-ji temple (500 ¥) ou encore le Tenryu-ji et ses jardins (500 ¥). Celui d’Ōkōchi Sansō offre aussi un point de vue en hauteur pour 1000 ¥.
Mais si vous devez vraiment visiter des temples ici, je vous recommande ceux d’Adashino Nenbutsu-ji et de Otagi Nenbutsu-ji, accessibles en trente minutes de marche. En plus, la promenade est vraiment sympa, on passe par des petits quartiers vraiment mignons. Dans le premier, il y a également une petite forêt de bambous ainsi que des statuettes en pierre qui représentent ceux qui sont morts sans famille. Il y en aurait plus de 8000. C’est aussi l’un des temples les plus anciens du Japon. On a seulement visité le second, Otagi Nenbutsu-ji, où l’on trouve aussi 1200 statues de pierre recouvertes de mousse. Cette armée immobile, réalisée par des fidèles sous la supervision des moines, prend place autour du temple Otagi Nenbutsu-ji. Prix de l’entrée : 400 ¥, ferme à 16h15.


Les bonnes adresses :
- Boire un thé matcha et manger des pâtisseries traditionnelles chez Ayu-no-Yado Tsutaya. Comptez 1000 ¥ le set.
- Tester un menu dégustation typiquement japonais composé d’un assortiment de petits plats gastronomiques à Toriimoto Yusan, entre 3000 et 5000 ¥ le menu.
- Manger une crêpe fourrée à la crème brûlée, à la chantilly et au topping de votre choix chez Petit bonheur, à partir de 800 ¥.
Attention, prévoir du liquide dans ce quartier car beaucoup de cafés/restaurants n’acceptent pas les paiement par carte bancaire.
Le pavillon d’or


Kinkaku-ji ou le pavillon d’or est un temple recouvert intégralement de feuille d’or. Malgré la foule, le lieu est juste magnifique ! La visite est assez rapide. On ne peut pas rentrer à l’intérieur et le tour du jardin se fait assez rapidement. On l’admire seulement de l’extérieur mais le cadre est vraiment somptueux. L’entrée coûte 500 ¥.
C’est d’ailleurs ici que j’ai bu mon premier thé matcha. Je ne suis pas une grande fan du côté herbacé très prononcé de ce thé mais je dois avouer que c’était bien meilleur que ce à quoi je m’attendais. Le fait de le boire tout en mangeant une petite pâtisserie aide à la dégustation. Le côté sucrée qui tapisse le fond de la bouche rend l’amertume du thé moins présente.
Si vous décidez de faire une dégustation de thé matcha, c’est souvent moins cher dans les temples (500 ¥) que dans les boutiques en ville puisque vous avez déjà payé votre billet d’entrée. D’une pierre deux coups !
Troisième journée : sud-est de Kyoto
Le sanctuaire Fushimi Inari



Le sanctuaire fait partie des lieux les plus visités du Japon ! Et pour cause, cet endroit impressionne avec ses 10 000 torii, ces portails traditionnels japonais érigés à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste. Certains d’entre eux datent de l’aire Edo (1600-1868) et ont été donnés aux sanctuaires par des particuliers ou des entreprises afin d’obtenir la réalisation de souhaits. On trouve aussi des statues de renard, messager de la divinité Inari.
Pas besoin de se lever aux aurores pour profiter du lieu. En y allant vers 9h30, j’ai trouvé des passages très calmes où j’ai pu me retrouver seule en grimpant en haut du mont Inari. J’ai passé environ deux heures sur le site. Aussi, le sanctuaire est gratuit.
Le sanctuaire Heian


J’ai beaucoup aimé ce temple, avec son énorme torii de 25 mètres de haut. Il est facilement accessible à pied depuis le chemin de la philosophie (voir jour 1). C’est aussi un temple à faire en période de floraison des sakuras, il n’en est que plus beau avec les magnifiques fleurs rosées. On trouve d’ailleurs à côté une autre plaque d’égout Pokémon pour les fans.
Fun fact : Heian Jingu est le sanctuaire que Scarlett Johansson va visiter dans le film Lost in Translation, celui où elle sautille de pierre en pierre pour traverser l’étang.
Juste en face du temple, on a trouvé un petit marché temporaire, le Uttoco Market où on pu apprendre à faire des origamis pour 500 ¥.
Une soirée à Gion à la recherche de Geishas


La rue Hanamikoji est l’endroit idéal pour voir des geishas le soir entre 17 et 18h. On en a vu au moins une dizaine, certaines marcher dans la rue, d’autres à l’intérieur de taxis. Sinon, vous pouvez assister à un spectacle au Gion Corner tous les jours à 18h et 19h, les prix commencent à partir de 5500 ¥. C’est l’occasion de les voir performer sur scène. Enfin, les festivals sont aussi les moments parfaits pour en croiser dans la rue. La liste des festivals ici.
Les geishas sont des dames de compagnie qui excellent dans la maîtrise du divertissement et de différents arts traditionnels japonais. Elles sont chargées de distraire leurs clients via des danses, des chants etc et se produisent souvent dans des salons de thé. Leurs services sont d’ailleurs extrêmement coûteux. Elles portent un kimono et ont le visage recouvert de poudre blanche, symbole de pureté. Les geishas et les maikos (apprenties geishas) sont les gardiennes des traditions ancestrales japonaises.
Attention cependant, elles ont souvent fait l’objet d’incivilité à cause de touristes qui les pourchassent pour les prendre en photo ou même les toucher. De ce fait, elles sont très discrètes et connaissent par cœur toutes les petites ruelles pour passer inaperçues lorsqu’elles se rendent au travail. Les prendre en photo n’est vraiment pas conseillé, c’est pourquoi j’ai attendu qu’elle soit de dos avant de le faire.
Participer à une cérémonie de thé au Japon
C’est vraiment l’activité à ne pas manquer si vous aimez le thé. Assister à une cérémonie dans une jolie maison traditionnelle, c’est en apprendre un peu plus sur le savoir-faire ancestral des traditions japonaises. Vous verrez comment on prépare un thé matcha puis vous pourrez vous y essayez tout en le dégustant avec quelques douceurs japonaises. On peut participer à une cérémonie un peu partout au Japon mais Kyoto reste le lieu le plus prisé. En effet, à quelques kilomètres de là, on trouve la région d’Uji, où l’on produit les thés les plus réputés du Japon.
Je vous recommande deux adresses pour la beauté des lieux : Ju-An (à partir de 3300 ¥) et Camellia (4000 ¥ pour une cérémonie partagée et 8000 ¥ pour une privée). Il est possible de faire une cérémonie privée ou en groupe. Attention cependant, il est impératif de réserver plusieurs semaines à l’avance pour avoir une disponibilité dans ces endroits prisés.
Les autres temples que je n’ai pas pu visiter
- Rurikø-in temple : magnifique jardin dont les érables offrent une vue colorée en automne
- Daigo-ji : classé au patrimoine mondial de l’humanité, c’est vraiment un paysage de carte postale avec le petit pont au dessus du lac et le temple de l’autre côté
- Kifune Jinja & Kurama Dera temple : le premier vaut le détour pour son allée bordée de lanternes et le second pour son énorme yōkai (tête de démon).
Une journée à Nara


Comment se rendre à Nara ?
- Depuis Kyoto : depuis la gare de Kyoto, prendre la ligne Kintetsu pour environ 760 ¥ et une petite heure de trajet.
- Depuis Osaka : depuis la gare Umeda, prendre la ligne Kintetsu (entre 700 et 900 ¥) pour une petite heure de trajet.
- Utilisez l’application Google Maps pour définir le meilleur trajet.
On a choisi de visiter Nara sur une journée, tout en dormant sur place pour se laisser un peu plus de flexibilité. Ancienne capitale du Japon, cette ville fût autrefois le berceau de l’empire du Soleil-levant. Nara est célèbre pour ses biches qui se promènent un peu partout dans la ville, autour du parc Nara-koên. Dans la croyance bouddhiste, elles sont sacrées car considérées comme messagers des dieux. Nara abrite le premier temple bouddhiste du Japon (le Gangō-ji), c’est pour cela qu’on y trouve pas moins de 1300 biches en « liberté ».
Effectivement, je mets des guillemets puisqu’elles sont nourries par les touristes qui les caressent. Donc, même si elles sont libres d’aller et venir dans le parc, elles sont plus ou moins domestiquées. Il est possible d’acheter des biscuits pour les biches un peu partout pour 200 ¥. Cela dit, même sans les nourrir, elles ne sont pas farouches et s’approchent de très près ! Elles sont même ultra polies puisqu’elles saluent les passants en espérant avoir leur friandise.
Bien entendu, il y a énormément de monde dans le parc mais j’ai trouvé beaucoup de tranquillité vers l’étang de Sansha.
Les autres choses à faire à Nara :


Quoi qu’il arrive, vous verrez des biches un peu partout alors autant allier l’utile à l’agréable en faisant d’autres visites. Voici une liste non exhaustive des points d’intérêts qui méritent le détour.
- Higashimuki Shopping Street et à Naramachi Street pour faire quelques boutiques ou manger sur le pouce.
- Manger les meilleurs mochis à Nakatanidou (200 ¥). C’est clairement les meilleurs que j’ai mangé au Japon, avec ceux de Kanadaya à Tokyo.
- Visiter le temple Todai-ji et son grand bouddha. Il s’agit du plus grand bâtiment en bois du monde avec 47 mètres de hauteur. Classé à l’UNESCO, il abrite aussi la plus grande statue en bronze d’un bouddha. Prix : 800 ¥. On trouve à côté le jardin Yoshiki-en qui est gratuit.
- Admirer la deuxième plus grande pagode du Japon au temple Kohfukuji. Prix : 500 ¥.
- S’arrêter au sanctuaire des lanternes de Kasuga Taisha Nammon. Le lieu est enclavé dans la forêt. On croise de nombreuses biches au milieu des lanternes, j’ai beaucoup aimé. Prix : 700 ¥.


Voyage réalisé en octobre 2024