Ouvert seulement au tourisme depuis 2019, l’Arabie saoudite est un pays très peu connu des voyageurs. Avant cette date, on ne pouvait y accéder qu’avec un visa travail ou un visa pelerin. Pourtant, c’est un pays qui regorge de pépites, que ce soit au niveau des paysages ou de la gentillesse, l’accueil et la bienveillance des habitants.

Aujourd’hui, le gouvernement souhaite ouvrir le pays au tourisme avec un projet : obtenir plus de cent millions de visiteurs d’ici 2030. De grands évènements sportifs s’y dérouleront dans les prochaines années, on devrait donc commencer à entendre parler de ce pays dans les temps à venir.

Nous nous sommes sentis un peu privilégiés de pouvoir explorer cet endroit avant qu’il ne devienne trop touristique. On sentait les locaux très heureux de nous faire découvrir leur pays et on espère que leur hospitalité ne changera pas quand le pays se développera. Être un peu les précurseurs du tourisme ici n’a pas que des bons côtés : parfois, il était compliqué de trouver les points d’intérêts que nous cherchions. C’est pourquoi, dans cet article, je vous dévoile mon itinéraire pour un mois de roadtrip à travers le pays et je vous aide à préparer votre voyage. Bonne lecture ! 

Pour vous aider à organiser votre voyage sereinement et mieux connaître les traditions des Saoudiens, rendez-vous sur cet article !

Jeddah

En arrivant à l’aéroport, nous avons pris un Uber pour se rendre à notre hôtel situé dans le quartier de Bani Malik (65 rials, environ 16€). On recommande de loger plutôt vers Al Yaman ou Al-Balad qui sont les quartiers les plus touristiques. La ville est grande. Ce n’est pas possible de se déplacer à pied à travers les différents points d’intérêts, on a donc privilégié les Uber. On a ensuite loué une voiture pour commencer notre roadtrip à travers le pays. 

Al Waba – 312km / 4h

Le cratère d’Al Waba a une profondeur de 380 mètres. C’est le plus grand de son genre au Moyen-Orient. La route pour s’y rendre est goudronnée et il y a un parking situé à l’entrée. Le site est complètement gratuit et il y a même possibilité de camper à proximité. En revanche, il n’est pas possible de descendre dans le cratère à cause de la présence de gazs. 

Pour dormir, on a essayé de s’arrêter au village de Nimran à une vingtaine de minutes du cratère. Il y avait un hôtel mais on s’est fait refouler parce qu’on n’avait pas de certificat de mariage à présenter. C’est la seule fois qu’on a eu ce problème en Arabie saoudite. Sachez que certains hôtels n’acceptent que les couples mariés (surout en campagne dans les zones reculées). Dans ces zones, les hôtels ne sont pas sur Booking mais on les trouve sur Google Maps et on fait ensuite du porte à porte. Grâce aux locaux, on a pu trouver un autre hôtel en roulant encore vingt minutes. Le nom est en arabe mais il se situe en face du Umm Aldoom General Hospital (150 rials la nuit, soit 37,5€)

À proximité du cratère, on trouve un point de vue incroyable avec sept volcans alignés. Y aller nécessite d’avoir un 4×4. On cherchait quelqu’un pour nous accompagner ou nous renseigner quand on a fait notre première rencontre. 

Lire notre première rencontre en Arabie saoudite :

Tout d’abord, on rencontre Fahad qui travaille au ministère de l’intérieur. On lui demande comment se rendre aux volcans quand il nous invite à prendre le thé (et les dattes, ça va de pair ici) puis nous demande de l’accompagner chez lui. Nous n’avons pas pu nous rendre aux volcans mais à la place, on a passé une journée et une nuit chez l’habitant et c’était une expérience incroyable !

On a été reçu dans une grande pièce recouverte de moquette avec des coussins partout. C’est la pièce où les saoudiens reçoivent leurs invités, séparée du reste de la maison où se trouve la famille. Ensuite, avec mon copain, nous avons vécus une expérience séparée car malgré la gentillesse de notre hôte, il était à cheval sur les traditions. En effet, les hommes et les femmes ne partagent pas de moments au quotidien, hormis chez eux ou s’ils sortent en famille au restaurant.

Donc, pendant que mon copain papotait avec les hommes sous un chapiteau, buvait du lait de dromadaire et rencontrait les hommes du village ; j’ai passé la journée avec les femmes. Certaines étaient plus ouvertes que d’autres, mais globalement j’avais l’impression d’être une réelle source de divertissement. Elles passaient leur temps à me filmer sur SnapChat et me dire « I love you », probablement les seuls mots qu’elles connaissaient en anglais. Heureusement que le traducteur était là. Sinon, j’aurais eu du mal à communiquer. D’ailleurs, moi je n’ai pas eu le droit de les prendre en photo, elles n’ont pas voulu. 

J’ai d’abord rejoint un groupe de femmes dehors qui buvait le café local (café blanc car peu torrifié, infusé avec de la cardamome et du safran). C’était d’ailleurs difficile de les reconnaître et de savoir à qui j’avais parlé puisqu’elles sont toutes voilées intégralement. Elles le sont toujours, même lorsqu’elles sont dehors entre elles. Le seul moment où elles se découvrent est à la maison. Les enfants étaient aussi présents : les filles ne sont voilées qu’à partir de la puberté ; et les garçons ne rejoignent le clan des hommes qu’à partir de ce moment là également. Après ça, filles et garçons n’ont plus de contact, même s’ils étaient amis auparavant.

De notre point de vue, c’est plutôt triste mais ce sont leurs traditions. Ensuite, j’ai été invitée à passer le reste de la journée chez une famille : une femme séparée et ses dix enfants. Elle était d’une gentillesse incroyable et d’une très grande ouverture d’esprit. J’ai donc pu poser plein de questions sur leurs coutumes.

En Arabie saoudite, les femmes séparées ont droit à de nombreuses aides du gouvernement : on leur fournit un logement, de la nourriture etc. J’ai trouvé les centres d’intérêts des femmes assez limités : ça tourne autour de la religion, de la famille et des enfants. Visiblement, chez les hommes, les discussions étaient beaucoup plus variées. En même temps, ce sont ceux qui passent le plus de temps dehors car même si les femmes peuvent travailler, nombreuses sont celles qui restent à la maison. On a donc essentiellement parlé de l’islam car j’ai posé beaucoup de questions pour en apprendre davantage sur leur religion.

À côté de ça, elle me posait beaucoup de questions mais ça tournait autour de ma famille, pourquoi je n’avais pas encore d’enfants ou pour quelles raisons je voyageais dans son pays. Ses enfants m’ont fait lire une partie du Coran, sur le livre pour enfants qu’ils avaient et tous semblaient tellement heureux et honorés au moment des récitations. J’ai aussi appris que la plupart du temps, les mariages se font entre cousins. Ce ne sont pas des unions d’amour mais des mariages arrangés par les familles. En effet, comme les hommes et les femmes n’ont aucun contact à l’âge adulte, ce sont les parents ou les frères et sœurs qui présentent des connaissances à la personne en âge de se marier. Bref, c’était une expérience très enrichissante. Leur gentillesse et bienveillance nous ont laissé sans voix.

D’ailleurs, Fahad appelait ça « un devoir » quand on le remerciait d’avoir été si chaleureux avec nous. Pour lui, l’islam est une religion basée sur l’amour et la fraternité. Nous sommes tous des frères, même si nous ne sommes pas croyants. Selon ses croyances, plus il fera le bien autour de lui dans cette vie, plus il sera récompensé au paradis. 

Médine – 284 km / 3h15

Médine est la deuxième ville sainte de l’islam, après la Mecque. On a d’abord visité la mosquée de Quba, qui aurait été la première mosquée construite au monde, juste après l’exil du prophète Mohamet. On peut rentrer à l’intérieur mais il y a des salles de prières séparées pour les hommes et les femmes. Ensuite, nous sommes passés devant la mosquée Al-Nabawi (ou mosquée du prophète). Il s’agit de la deuxième plus grande au monde, après celle de la Mecque et donc la deuxième plus sainte. C’est aussi le lieu où se situe le tombeau du prophète, c’est pourquoi des centaines de milliers de musulmans affluent chaque année pour prier. En revanche, cet endroit est interdit aux non-musulmans

Pour se loger, on recommande l’hôtel The Reef qui était très bien, pour 27€ la nuit. 

Harrat Khaybar – 230 km / 2h35

Cette région compte de nombreux volcans. Il y en aurait déjà plus de 500 dans les régions de Médine et La Mecque. C’est la zone volcanique la plus active de la péninsule arabique depuis ces dix derniers millions d’années. Il y a un spot magnifique qui regroupe différents volcans : un volcan noir (Jabal Qidr) et deux blancs (Jabal Abyad et Jabal Bayda). Les volcans blancs sont apparemment très rares ! 

Nous avons utilisés les coordonnées GPS suivantes pour se rendre à la piste qui mène à ce lieu : 25.694253, 39.994748. Jusque là, c’est une route normale puis à partir de ce point, il faudra compter 20km de piste. Il faut donc avoir un 4×4 pour se rendre au pied des volcans car la route est pleine de graviers et parfois on avait l’impression de s’enliser comme dans du sable. Ça monte et ça descend par endroit, notre voiture patinait donc on s’est arrêté juste après le campsite. À cet endroit, on a déjà une vue magnifique sur un cratère et une coulée de lave. Mais sans 4×4, ça ne vaut pas le coup de faire toute cette route et de s’aventurer jusque là, c’est assez frustrant d’être si prêt des volcans sans pouvoir les atteindre. 

On a dormi au Camille Hotel près du village, trouvé grâce à l’application Plans sur Iphone (150 rials la nuit). La chambre est vraiment basique voir pas terrible mais ça faisait l’affaire pour une nuit car tous les autres logements sur Booking étaient très chers (70€/nuit). 

À voir également :

Il y a un dernier endroit qu’on aurait beaucoup aimé voir dans la région mais malheureusement, par manque d’infos, on ne l’a pas trouvé. Tapez « Harrat Khaybar Keyhole Funerary Avenue » sur Google et vous verrez : il s’agit d’un endroit où sont dessinées de nombreuses serrures à même le sol. Très impressionnant ! 

On a aussi voulu se rendre au village de Khaybar à une heure de route environ. C’est un village abandonné suite à la bataille de Khaybar (628-629) qui a opposé les juifs contre Mahomet et ses guerriers. Les juifs qui vivaient là prosperaient grâce à l’artisanat et au commerce de dattes. La victoire fut musulmane. Le village est désormais détruit et il ne reste plus que des ruines. Son accès était fermé au moment où nous y étions. 

AlUla – 210 km / 2h20

AlUla est l’endroit le plus touristique du pays. C’est d’ailleurs le seul endroit où j’ai vu d’autres touristes. Ici, les hôtels sont plus chers qu’ailleurs (aux alentours de 70-80€). Pensez à regarder sur Airbnb, parfois on trouve de meilleures offres. 

Le premier jour, on a visité Elephant Rock. C’est, comme son nom l’indique, un énorme rocher qui a la forme d’un éléphant. Le site est gratuit et il y a un parking juste à côté. L’endroit est vraiment tranquille, avec un espace détente, des canapés et des coussins. Il y a des stands pour boire un verre. Et le soir, l’endroit est tout illuminé, dans une ambiance intimiste, c’est vraiment sympa !

 On a également visité l’oasis de la vieille ville. C’est aussi gratuit et on vous conseille de vous y rendre au coucher du soleil, les couleurs sont encore plus belles. Pour se garer, il faut aller au parking « old town north carpark ». De là, il y a des navettes gratuites qui vont jusqu’à la vieille ville. Sinon, c’est à 10 min à pied si vous souhaitez marcher. Toute la zone piétonne est vraiment très belle, éclairée le soir, toujours de façon tamisée avec des restaurants et des boutiques de souvenirs. Enfin, la vieille ville peut se visiter pour 70 rials/pers mais elle était en travaux donc on a passé notre chemin, d’autant qu’on a eu l’occasion de voir plein d’endroits similaires gratuitement par la suite. 

La cité d’Hégra

Le deuxième jour, on a réservé un tour sur Experiencealula pour visiter la cité d’Hégra. Classée depuis 2008 à l’UNESCO, le site de Madain Saleh abrite plus de 130 tombeaux aux façades coloréesPrendre un tour est obligatoire car il n’est pas possible d’y aller seul. Hégra a été fondée par les Nabatéens, soit par la même civilisation qui a construit Pétra en Jordanie. Les Nabatéens étaient des marchands arabes de l’Antiquité. Grâce à leur système de stockage de l’eau, ils ont permis aux villes de développer l’agriculture pour nourrir leurs habitants et les voyageurs.

Le tour dure 4h, dont une heure de trajet aller/retour. Si vous avez votre propre véhicule, vous pouvez directement aller au point de rendez-vous à l’entrée du site. Cela vous évitera le trajet en bus (ou rejoindre le bus sur un parking en ville). Les informations sont notées sur le ticket au moment de l’achat. La sortie coûte 95 rials, soit 37€/pers. On visite différents sites : des tombes, Jabal Ithlib, d’imposants rochers dont un visage gravé dans la roche ; et les explications sont en arabes et en anglais. 

Un peu d’histoire…

Pendant des siècles, des caravanes de chameaux chargées d’encens, de myrrhe, d’épices, de soie et de pierres précieuses ont traversé l’ancienne Arabie, le long des déserts de sable. C’est ce que l’on appelle la route de l’encens, qui est l’une des plus anciennes routes commerciales du monde. Elles est aussi connue sous le nom de route des épices ou route de la soie. La myrrhe est une cire d’arbre poussant exclusivement en Arabie et dans le nord-est de l’Afrique. Elle servait à l’embaumement des momies en Égypte ou à la production de remèdes, entre autres. La demande était si forte que l’encens et la myrrhe étaient parfois plus chers que l’or, et le long et périlleux voyage à travers l’Arabie ne faisait qu’augmenter leur prix. 

On termine cette journée avec Maraya, qui signifie miroir en arabe. Il s’agit d’un énorme cube au milieu du désert, fait avec plus de dix milles miroirs. C’est aussi un restaurant et une salle de concert. Le site est encore gratuit, comme beaucoup d’endroits en Arabie Saoudite. On conseille de venir plutôt en milieu de journée car après, vous aurez trop d’ombre. À l’entrée, il y a un check-point. On nous a demandé un ticket. Puis on nous a finalement laissé passer quand on a dit qu’on venait juste pour visiter.

Pour manger, on nous a recommandé le café Alnakheel. C’est un restaurant libanais un peu plus cher que les restaurants locaux mais le cadre est superbe. Ils disposent d’une belle terrasse en plein cœur de la vieille ville. De notre côté, on a testé des galettes délicieuses faites à base de légumes. Le stand se situe à côté d’un magasin de jus de fruits pressés dont le nom n’est qu’en arabe : عصير عالم الجبل. 

À faire en chemin :

À 66 km d’AlUla (environ 40 min), on trouve un magnifique site accessible sans 4×4 : Badr Arche. C’est une des plus belles choses que l’on a vu dans ce pays, et en plus il n’y avait personne à l’horizon. Pour s’y rendre, il faudra emprunter une piste et continuer 6 km jusqu’à la fin de la route. À 40 km de là, on trouve un autre spot, parfait pour faire de l’astrophotographie : Algharameel. C’est un endroit avec plein de formations rocheuses originales qui nous a un peu rappelé Pinnacles Desert sur la côte ouest australienne. 

Hail – 430 km / 4h40 

Sur le chemin direction Hail, vous pouvez vous arrêter à Mahajah Moutain si vous avez un 4×4. Ce sont de magnifiques arches dans le désert. 

On a d’abord visité le site de Jubbah qui se situe à une heure et demie de la ville. Le djebel Umm Sinman présente des gravures de la période de la Poterie Néolithique. Les pétroglyphes montrent les activités, les vêtements, les animaux et les armes de l’époque. Cet endroit, ainsi que ceux situés près d’Al Haït, à 250 km au sud de Hail (djebels Al Manjor et Raat de Shuwaymis), forment un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les figures humaines et animales offrent un aperçu de la vie d’il y a 10 000 ans. Concernant la visite, elle est gratuite et se fait seule, sans guide. Renseignez-vous sur l’histoire du lieu un peu avant car il n’y a aucun point d’informations sur place. 

On vous conseille aussi d’aller au Museum & Palace of Heritage Clinic. On a passé un moment incroyable avec le maître des lieux. C’est un musée gratuit qui montre comment les gens vivaient ici il y a une centaine d’années. Vous y verrez leur système pour puiser l’eau dans les sols, leurs ustensiles pour cuisiner ou encore leur façon de vivre. Le propriétaire nous a invité à boire le thé. On a d’ailleurs goûté pour la première fois les dattes trempées dans la graisse de mouton avant de terminer par une danse traditionnelle au sabre

À la découverte des locaux :

Nous avons passé trois jours dans cette ville au rythme des locaux puisqu’on a été invité trois soirs à dîner avec eux dans différents restaurants. On ne peut que les recommander car ils étaient délicieux. En revanche, on ne connaît pas les prix.

 C’est dans ce genre d’endroits qu’on découvre la particularité des restaurants du pays avec des salles privées que l’on ferme d’une porte ou d’un rideau pour que les familles puissent se cacher des autres et que les femmes se découvrent. 

Restaurants à tester à Hail : 

  • Alraqi
  • Resto in the Sky (chercher sur Google Maps)
  • Aladham Café (pour boire un verre)
  • Nakhat Deratna (مطعم نكهة ديرتنا)‎

On a donc pris notre temps pour découvrir cette ville où vous pouvez d’ailleurs visiter le fort d’A’arif ou la mosquée d’Al Rajhi. On a aussi pu expérimenter les piques-niques dans le désert. C’est très régulièrement que les hommes vont y passer du temps : ils montent des tentes, discutent au coin du feu tout en buvant du café et partagent le plat traditionnel : le kebsa confectionné à base de riz, viande et légumes. 

En chemin, vous pouvez vous arrêter à Buraydah. Il y a aussi un village historique à visiter (Uyun Al Jawa Heritage Village) ainsi qu’un marché aux dromadaires. 

Ushaiqer – 460 km / 4h30

Ushaiqer est un village traditionnel et l’un de mes endroits coup de cœur. Ne manquez pas la mosquée de Faylaqia, le meilleur endroit du village selon moi ainsi que Dar AlSalem. Il y a des musées à visiter avec d’anciens objets utilisés par les générations précédentes telles que des anciennes monnaies, des cahiers d’école, des outils de cuisine, des jeux pour enfants ou encore des tenues traditionnelles. On découvre aussi des pièces sur-mesure pour conserver les dattes. 

Nous avons dormi à Shaqra, à 20 km. C’est aussi un village traditionnel à visiter. 

Riyad – 190 km / 2h15

Si vous venez par le nord de l’Arabie saoudite et que vous avez un 4×4, ne loupez pas le site de Edge of the World. C’est un spot magnifique mais nous n’avons malheureusement pas pu y aller avec notre voiture. Il y a des tours au départ de Riyad mais nous n’avions pas le budget : 150€/pers pour un tour privé.

De manière générale, nous n’avons pas aimé cette ville car la circulation était insupportable. Énormément de monde, beaucoup de bouchons donc on a préféré ne pas s’y éterniser.

Voici la liste des choses que l’on conseille de voir si comme nous, vous ne faites qu’une escale express : 
  • Visiter le village traditionnel de Diriyah, ancienne capitale du pays. C’est encore un village typique que l’on peut coupler avec les Terraces de Bujairi, un endroit sympa plein de vie et de restaurants. Il faut acheter un billet en ligne, vous pouvez le faire sur place en scannant un QR code. L’entrée est gratuite de 10h à 17h et coûte 50SAR ensuite. Il n’est pas très facile de se garer sur place donc on a choisi l’option parking (30SAR – 7,5€ pour 2h).

  • Monter au 99ème étage de la tour Sky Bridge du Kingdom Center pour avoir une vue imprenable sur la ville (17,25€). On en a profité pour flâner au centre commercial du Kingdom Center.
  • Se rendre à Boulevard World (ou New Boulevard). Il s’agit d’un parc d’attraction sur le thème du monde. En effet, on retrouve plein d’emblèmes touristiques du monde entier comme des pyramides, des temples, la Tour Eiffel etc. Nous n’avons pas pu visiter le parc car les tickets étaient sold out trois jours à l’avance. Donc, si ça vous intéresse, pensez à réserver en amont. Le prix est de 100SAR la semaine et 150 le week-end. Le parc est ouvert de 16h à minuit et le parking sur place est payant.
  • Une alternative plus économique est de se rendre à Boulevard City, situé à quelques minutes du parc. L’entrée et le parking sont gratuits et le site est ouvert de 16h à 2h du matin. Ici, on se croirait un peu à Times Square, à New York. Les avenues sont illuminées de grands panneaux publicitaires. On trouve des fontaines, des jeux de lumière, des boutiques, cafés & restaurants, de la musique, un cinéma ; un karting, des jeux d’arcade, d’énormes magasins de bonbons ou de jouets et enfin, un musée dédié à Cristiano Ronaldo. Vous trouverez également un spectacle sur la fontaine principale toutes les 30 minutes.
  • Si vous avez plus de temps, n’hésitez pas à visiter le Fort Masmak, le Souq Al Zel ou encore la heet cave (petite grotte où se baigner un peu en dehors de la ville) ainsi que les red sand dunes (pour s’amuser en quad dans des dunes de sable orange).

Abha – 989 km / 11h30

Nous avons fait la route en passant par le désert du quart vide car nous pensions traverser de beaux paysages au milieu d’énormes dunes de sable orange. Au final, la route empruntée n’avait rien d’exceptionnel et elle nous a rajoutée 30 min donc on ne la conseille pas forcément.

En arrivant à Abha, le décor change radicalement. Ici, il fait plus frais à cause de l’altitude et on passe du désert aux montagnes, ça fait bizarre ! 

Du 13 au 27 septembre, ne manquez pas le festival des fleurs. Déjà en novembre, on voyait plein d’enfants vendrent des couronnes de fleurs le long des routes. On imagine à quel point ça doit être beau en pleine saison. 

Vous pouvez également prendre le téléphérique pour avoir une belle vue sur les montagnes d’Asir. On s’est contenté de visiter le village traditionnel de Rijal Alma. Déjà, la route pour s’y rendre est magnifique, montagneuse et vallonée. Pendant une heure, on suit des routes sinueuses à flanc de falaises et on croise nos premiers babouins sur le chemin. L’un d’entre eux est même monté sur la voiture ! L’entrée est payante : 20SAR (5€). 

Al Baha – 330 km / 5h

Nous n’avons pas fait grand chose ici à part visiter le village de Thee Ain. C’est un magnifique village en pierre, perché sur une colline. Il est situé 30 km avant Al Baha et l’entrée est totalement gratuite. Nous avons dormi à l’hôtel Al Murjanah

Taif – 211 km / 2h30

Taif est la ville de la rose. J’ai adoré cet endroit. Un festival de la rose est organisé du 21 avril au 5 mai chaque année. En attendant, les touristes peuvent visiter une des nombreuses fabriques d’eau de rose, comme celle d’Al Qahdi Rose Factory. Les usines sont situées juste à côté du téléphérique d’Al Hada et d’après ce que j’ai pu lire, la visite est gratuite le matin. J’ai particulièrement aimé me promener au souq dans la vieille ville et boire un café à Aman & Zaman Café, situé juste à côté.

Ensuite, on a voulu essayer de trouver des sentiers de randonnées dans le Wadi Zee Gazal. Ce ne fut pas évident du tout car rien n’est indiqué sur place et les sentiers ne sont pas vraiment aménagés pour les randonneurs.

On a quand même réussi à trouver un beau point de vue depuis Al Shafa Mountain Park et on a terminé à Cup Cafe du côté d’Al Shafa qu’on recommande à 100%. Un peu cher mais leurs pâtisseries sont excellentes !

Enfin, on peut visiter le Shubra Palace, un magnifique palais, qui était fermé au moment où nous y étions. 

Jeddah – 170 km / 2h

Avant-dernière étape de ce périple, nous retournons dans la ville où nous sommes arrivés. En chemin, on passe par la Mecque et on voit pour la première fois des routes interdites aux non-musulmans. En effet, la Mecque est un lieu saint où seuls les croyants peuvent se rendre. Voici quelques exemples des endroits que l’on a préféré à Jeddah : 

  • Déambuler dans les rues d’Al-Balad, le quartier historique de la ville. Attention, il devient très animé à partir de 16h. Avant, beaucoup d’échopes sont fermées. Vous trouverez des magasins de souvenirs, des rues avec d’anciens bâtiments défraichis, la porte de la Mecque ainsi qu’un très bon restaurant Yéménite ! Le nom est en arabe mais il se situe en face de la station d’essence Bay Makkah Gas Station et la devanture est jaune et marron. On vous le conseille absolument !
  • Visiter le marché au poisson le matin. D’ici, on peut même voir le phare de la ville qui serait l’un des plus grands au monde.
  • Se rendre au Red Sea Mall pour faire quelques achats.
  • Flâner devant la fontaine de King Fahd’s, plus haut jet d’eau du monde, du haut de ses 312 mètres. En chemin, arrêtez-vous prendre un dessert à BLaban afin de goûter des spécialités égyptiennes à base de biscuit, fruits et glace à la myrtille.
  • Se balader sur la corniche au coucher du soleil et visiter la mosquée flottante Al Rahman, ouverte de 16h à 21h.

De manière générale, on a aimé l’authenticité de cette ville, bien moins peuplée que la capitale. On a d’ailleurs croisé très peu de touristes.

Yanbu – 330 km / 3h30

Yanbu est une ville très agréable et on a aimé se promener au marché aux poissons, sur la corniche, au parc Yanbu, au night market dans le quartier historique ou encore sur l’île de Al Nawras, accessible en voiture via un pont. Bref, Yanbu mérite qu’on s’y attarde un jour ou deux. 

Première plongée en mer rouge

Remonter à Yanbu n’était pas très logique dans notre itinéraire en Arabie saoudite mais puisqu’il nous restait un peu de temps, on a décidé d’y aller pour une raison : la plongée. En effet, il s’agit d’un des meilleurs spots du pays pour pratiquer cette discipline. On a payé 43€/pers la plongée avec Diving Bubbles, centre que l’on recommande (équipement de qualité et divemaster adorable). Le départ s’effectue au bord de plage, ce qui m’a au début laissée sceptique. La profondeur maximale était de 14 mètres et on a fait notre première plongée épave pour voir celle d’Al Sharm.

Au final, j’ai été vraiment surprise par la qualité des coraux et la beauté du spot, situé pourtant si près du bord. On a vu des coraux jaunes et violets vraiment très colorés. Ainsi que des poissons roches, scorpions et crocodiles ; une tortue ; des poissons clowns etc. Sans parler de l’épave qui était très bien conservée. Bref, c’était notre première plongée en mer rouge et on a adoré.

Seul petit bémol : comme le pays n’est pas encore très développé pour les touristes, on pense que les clubs de plongée n’exploitent pas vraiment les plus beaux sites qu’il pourrait y avoir aux alentours. Ils se contentent de ce qu’ils connaissent et c’est dommage car il y a sûrement des spots incroyables où plonger. On pense aussi que la meilleure façon de profiter des fonds marins de l’Arabie Saoudite quand on est fan de plongée est de partir en croisière pendant plusieurs jours. 

Conclusion

Pour organiser au mieux votre itinéraire, vous pouvez vous rendre sur le site d’Arabiantrails. C’est un saoudien qui propose un guide gratuit en anglais à télécharger avec de nombreux points d’intérêts à voir dans tout le pays. Pour connaître les différents évènements à venir dans le pays, téléchargez l’application Webook

Un conseil : ne prévoyez pas un itinéraire trop grand car les distances sont longues et surtout, laissez place à l’inconnu !! La meilleure partie de ce voyage, c’est clairement les rencontres que l’on a faites le long de la route. Parfois, on a passé jusqu’à trois jours avec les mêmes personnes et il n’y a pas meilleure façon de découvrir un pays qu’avec les locaux.

Les autres points d’intérêts qui méritent le détour en Arabie saoudite :
Découvrir la liste des lieux à ne pas louper

Nord :

  • L’épave de bateau à Haql
  • Le désert de Jibal Hisma dans la province de Tabuk (4×4)
  • L’épave d’hydravion Catalina
  • L’oasis de Wadi Al Disah (4×4)
  • Les arches de Mahajah (4×4)

Est :

  • Edge of the World (4×4)
  • L’oasis de Al Asha et la tombe de Judah
  • Les villes d’Hotuf et AlKhobar

Ouest :

  • Les 7 volcans alignés (4×4)
  • Les volcans blancs d’Harrat Khaybar (4×4)

Sud :

  • Le désert de Rub Al Khali ou désert du quart vide (les gens le traversent principalement quand ils se rendent à Oman. On a essayé de prendre une route qui y passait sur notre trajet Riyad-Abha mais nous n’avons malheureusement pas vu de jolies dunes orangées sur cette portion de route).
  • Jizan et les îles Farasan (pour se rendre sur ces îles, un ferry gratuit fait la traversée d’une heure deux fois par jour. Si vous êtes piéton, il faut réserver un jour à l’avance. Si vous voulez y aller avec votre voiture, n’hésitez pas à le faire quelques jours avant. Il n’y a pas de réservations en ligne ; et très peu d’hôtels qui sont d’ailleurs assez chers).
  • Najran, petit village typique
  • Hima, pour voir des peintures rupestres

Voyage réalisé en novembre 2023

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